Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Si c'est pas l'Amérique !

Fin d’Amérique
Damien Ruzé
Nouvelle Éditions Krakoen, 2013

Zollinger est alsacien, flic, têtu, doté d’un très sale caractère. Il fume trop, il roule trop vite… Les seuls moments de sérénité qu’il connait sont ceux passés en forêt, à l’affut… sauf quand le gibier change de nature, c'est-à-dire quand le flic se retrouve inopinément à la place du cerf. Ce qui ne manque de créer un certain remue-ménage dans les sous-bois…
Sur les bords de Loire, la vie parait plutôt paisible. La bourgeoisie locale ne manque cependant pas de vilains secrets. Il est rare qu’un secrétaire d’état souhaite qu’on insiste sur son degré de parenté lorsque le fils est star du porno, encore moins s’il réapparait, après une longue brouille, sous forme de cadavre.
Zollinger ne va pas s’en laisser imposer, et inévitablement, va heurter de plein fouet les murs de résistance du pouvoir et de l’argent menant de proche en proche au grand banditisme.

G Guillon indiquait, dans le communiqué de parution de ce roman, qu’il était mon « coup de cœur ». Je dois la vérité à ceux qui liront cette chronique. J’ai rarement eu aussi peu de travail sur un manuscrit. Si je leur dis que ce roman est un des meilleurs de l’année, ils peuvent, ils doivent me croire.
Tout y est, tout ce qui satisfera l’amateur éclairé d’univers noir. Le héros, fort, campé dans des certitudes qui ne font pas bon ménage avec les compromissions. Pour autant ce flic n’est pas monolithique, présentant des failles d’une puissante humanité. Le rythme : ça pulse, pas de longueur, pas de redite, des scènes d’actions faites pour le cinéma à la Tarantino. Des dialogues qui filent, qu’on entend tant ils sont vivants.
L’originalité enfin. Si le cadre global dessine une France provinciale apparemment sans histoire, le regard de Zollinger en souligne crûment les aspérités cachées, sans excès ni de complaisance ni de virulence .

Non, je ne vois pas ce qui peut manquer à ce livre pour plaire aux lecteurs de Deon Meyer, de James Salis, ou Dan Winslow.
Car enfin, souverain, capital pour moi : il y a le style. L’écriture de Damien Ruzé, bien que farouchement implantée chez ses grands maîtres américains par l’esprit, ne présente pour autant rien qui ressemble à une imitation. La force et l’originalité sont bel et bien au rendez-vous.

Un premier roman d’une irréprochable efficacité.

Tag(s) : #critiques

Partager cet article

Repost 0