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couv dune scan 001Le sale temps de l’hiver a redonné aux immenses plages du Nord leur aspect de désert marin, glacial et mouillé. Le vent souffle, le sable cingle. Les villas sont closes. Toutes sauf une, cachée au milieu des dunes, occupée par un couple insolite. Victor Markievicz, la soixantaine passée, et Martha, trop jeune, trop fragile. Lune de miel atypique ou cavale ? Leur présence intrigue et excite le voyeurisme d’un personnage énigmatique. Après la découverte d’un cadavre rejeté sur le rivage, les relations perverses entretenues par le trio iront crescendo vers un dénouement aussi inattendu que dramatique.

 

Jeanne Desaubry installe un climat angoissant nourri de petits riens, disséquant les amours pathologiques d'un couple en crise. Etonnant récit à contre-pied où la comédie des sentiments est résolument pessimiste. Une écriture épurée, maîtrisée, un thriller sentimental très noir.


Editions Krakoen, 2009, 232 pages, 9.50 €, EAN 9782916330341

 

 

 

 


Avant-propos

Faisant suite à la flamboyance combative de l'héroïne de son précédent roman - Le passé attendra -, le destin des personnages de Dunes froides s'accomplit dans une fatalité indépassable. Tout est contraste dans ce rapprochement. A la nature luxuriante de la Provence succèdent les stations balnéaires du Pas-de-Calais, à la saison hivernale de surcroît. D'où une atmosphère de désolation pétrie de vent, de dunes, de sables, de mer grise, de pluie, de villas closes, de froid, et encore de pluie omniprésente. La désolation est dans les cœurs également et mène au drame paroxystique - le crime passionnel. Le style asséché de l'auteure donne ce rendu d'esquisse, en clair obscur, en ombres inquiétantes, introduisant un malaise au fur et à mesure qu'on découvre les versants noirs des personnages. Mensonges, dissimulations, constituent la trame de l'histoire au sentimentalisme dévoyé. " Les histoires d'amour finissent mal en général … ", est-il annoncé en exergue du livre citant un vers d'une chanson des Rita Mitsouko. Triste présage ! Méditation désespérante ! La démonstration s'effectue au long du roman, les strates des souvenirs sont une carapace empêchant l'émergence d'un bonheur simple, le passé douloureux resurgit ; de la vie cassée, aucun rafistolage sentimental ne peut conduire à l'accomplissement, à la fusion des êtres. Ce roman relate cette impossibilité, propre à la passion contrariée qui peut conduire à la pire extrémité. Utilisant les codes du genre, ce roman noir original vous enveloppe d'un grand manteau d'absence glacée. En refermant ce livre, on se prend à souhaiter pour soi-même une vie sans histoires...


Nigel Greyman-décembre 2008




Revue de presse

Finesse psychologique, tension narrative, fluidité et justesse de ton. Jeanne Desaubry, maîtrise parfaitement son récit – dont on entrevoit dans un prologue saisissant l'inéluctable et tragique dénouement - et nous sert un huit-clos magnifié par le paysage minéral et désert d'une station balnéaire en sommeil.

Le style dépouillé comme la grève, fait merveille, et tandis que les chapitres se succèdent comme de frêles esquisses, on voit apparaître peu à peu le motif final de cette sombre et destructrice histoire d'amour. Le motif ? Quelque chose comme cet obscur objet du désir...

Yan Le Tumelin sur son blog Moisson noire, novembre 2009

 

Chronique d’une folie annoncée, tout en petites touches, Jeanne Desaubry réussit totalement son coup avec ce troisième roman où elle délaisse le roman policier « classique » qu’elle avait abordé dans Hosto et Le passé attendra pour nous concocter un noir bien noir, vénéneux, une histoire d’amour condamnée dès le début, une histoire qui reste en permanence au bord de la folie, avant d’y plonger finalement. L’écriture et la construction sont parfaitement adaptées au récit, l’alternance des points de vue apporte, petit à petit, les différentes pièces du puzzle, jusqu’au final qui se révèle aussi sombre que l’on pouvait s’y attendre. Une vraie réussite.
Jean-Marc Laherrère, critique littéraire, sur son blog, sur le site 813 les amis des littératures policières, mars 2009


Sale temps. Victor vient de perdre sa femme. Handicapée, acariâtre – il était temps en somme. De fait, il convole aussitôt avec l’une de ses étudiantes, fouler d’un pas qu’il aimerait léger les plages immenses du Nord. Villas closes. Toutes sauf une, cachée au creux d’une dune. Victor et Martha s’y lovent, sans parvenir à trouver le bonheur tant convoité. C’est que Victor a pris un sérieux coup de vieux. Impuissant, il peine à combler sa jeune amante, tandis que leur présence intrigue, excite même un voyeur logé tout près. Dans ce désert de sable, le trio se met à brinqueballer. Tout devient flasque, mou, les corps s’affalent, s’effondrent, dont celui d’un cambrioleur, assassiné par Victor alors qu’il violait Martha. Que faire de ce corps voué à l'envasement graisseux des matières en décomposition ? Que faire, aussi bien, des corps des uns et des autres, masses corporelles indisciplinées, intrigantes, encombrantes ? Seul le corps de Martha en réchappera, non sans douleur, délesté au passage de son poids d’innocence. Le voyeur sombrera dans l’opacité de la matière, criblé de trous béants, Victor finira par bander enfin, à se balancer, mort, au bout d’une corde, et le violeur, égorgé, se videra de toute sa substance sans que quiconque n’en éprouve la moindre compassion.
Un prologue somptueux, tranchant. Et toujours cette superbe interrogation sur le vieillissement à laquelle Jeanne Desaubry, inlassablement, nous convoque.
Joël Jégouzo critique littéraire (Noir comme polar - mars 2009)

Je suis allée faire un tour au bord de la mer sans quitter mon fauteuil avec "Dunes froides" de […] Jeanne Desaubry. Polar atmosphérique. J'en suis revenue saoulée par le vent mauvais, les pieds glacés, le nez rouge et les bottes pleines de flotte. Polar épidermique : j'ai eu la chair de  poule…
Dominique Sylvain, écrivain, pour les membres de l’association 813

…Après un incipit violent qui coupe le souffle, Jeanne Desaubry adopte un tempo et une approche dignes de Simenon. Elle fait monter subtilement la tension de ce polar psychologique à l'intrigue impeccable qu'une langue superbe, efficace, maîtrisée, élève à la hauteur d’une tragédie intime. L’analyse des comportements est subtile, comme la distillation des secrets inavouables qui peu à peu remontent au jour. Les personnages sonnent juste, vrai. Une réussite.
Magali Duru, écrivain, 5 février 2009, sur son blog

Après deux excellents romans qu’on pourrait classer de “procéduraux”, Jeanne Desaubry change de registre et nous offre un suspens d’une rare efficacité. … Jeanne Desaubry signe là un roman noir d’une grande intensité, dont la lente montée du suspens, orchestrée de main de maître, ne laisse aucun répit au lecteur.
René Barone, critique littéraire, 28 février 2009, Mon polar

L’univers de Jeanne Desaubry navigue du côté de David Goodis et de Simenon, celui des romans dans lesquels Maigret joue aucun rôle. L’atmosphère, l’intrigue, les relations qui se délitent entre les divers personnages, font penser à ces deux grands maîtres du roman noir avec toutefois une touche personnelle, une écriture imagée tout en étant sèche, précise et concise, presque abstraite. … Ce troisième roman de Jeanne Desaubry démontre un réel talent de conteur et de fabriquant d’intrigues qui pourraient s’inscrire dans une comédie inhumaine moderne.
Paul Maugendre, critique littéraire,18 février 2009, Rayon polar, Bibliosurf

 

C'est à une sorte de huis-clos à ciel ouvert que nous convie Jeanne Desaubry dans ce nouveau roman. Sur les plages désertées du Nord de la France, sous les rafales d'un vent glacé, se joue une drôle d'aventure des sentiments.
Avec Victor, Martha et Duchamp (le journaliste voyeur), elle explore le spectre des possibles. Amour, passion, jalousie, attirance, répugnance, trahison, suspicion, domination, fantasme, et j'en passe…
Patrick Galmel, critique littéraire, février 2009, sur son site Polarnoir.
Le suspense psychologique repose toujours sur un fragile équilibre. Le caractère des protagonistes se doit d’être nuancé. Placés en situation difficile, on attend d’eux des réactions actives et crédibles. La tension entraîne une part de noirceur, qu’il serait maladroit d’exagérer. Pour donner une force au récit, il convient de créer une atmosphère propice, d’en mesurer la densité. Dans son troisième roman, Jeanne Desaubry réunit toutes ces qualités. L’écriture est précise, factuelle, sans effets inutiles. … L’état d’esprit des personnages est clairement rendu… La progression de l’affaire est maîtrisée en finesse et en détails. L’auteur mérite un prix d’excellence.
Claude Le Nocher, février 2009, sur son blog

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