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La nuit, dans le désert

Coyote Crossing
Victor Gischler
Denoël, Sueurs Froides, 2013

L’Oklahoma. En plein milieu de nulle part. Tellement loin de tout qu’on n’y connait pas le téléphone portable. Au milieu de ce vide sidéral puant l’ennui et la poussière : Coyotte Crossing. Une ville de bouseux qui n’ont rien à envier aux bouseux des villes. On est en Amérique, ne l’oublions pas, et le moindre pékin est armé jusqu’aux dents.
Toby Sawyer s’est retrouvé piégé dans la ville de sa naissance par une paternité impromptue. Musicien de bar, il n’était revenu que pour l’enterrement de sa mère, et puis s’est retrouvé coincé là avec un mioche et une femme qui ne l’aime pas. Sa vie se résume maintenant à un mobile home minable pour maison, et un boulot merdique d’adjoint du shérif a mi-temps pour seul revenu. Infidèle, indolent, un peu lent d’esprit, gentil et paresseux, père extrêmement attaché à son bébé, ce qui le sauve d’une totale insignifiance. Et puis…
Et puis soudain, unité d’action, unité de lieu, unité de temps ! En une seule nuit de folie Coyotte Crossing va basculer. Toby va perdre tous ses repères. Il va lui falloir puiser au plus profond de lui-même des ressources dont il ignorait l’existence.
Le voici qui court comme un canard fou à la recherche d’un corps qui a disparu. Un macchabé, ce n’est pas censé quitter une scène de crime par ses propres moyens. Mais voilà, Toby qui devait garder les deux, a préféré aller tirer un petit coup vite fait avec sa copine. Le shériff ? Disparu aussi. Les collègues ? Il va falloir faire le tri car il s’avère vite que certains ne sont pas du tout les représentants de la loi que Toby croyait connaître.
Pour s’en tirer, sauver sa peau, celle de son fils aussi, le jeune adjoint va devoir transformer son étoile de fer blanc en étoile d’argent. Cela va lui coûter beaucoup de sueur, la destruction de tout un tas de véhicule, il va lui falloir user un nombre incalculable de balles pour activer le dézingage de tout un tas de méchants…
On serait dans un scénario à la Tarantino s’il n’y avait les cheveux fins de son bébé qui font trembler le cœur de Toby. Une lecture sur un rythme endiablé qui donne bien de l’allant au gris du temps.

Tag(s) : #critiques

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