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Fallait oser le titre...

Une Belle Saloperie
Robert Littell traduit par Cécile Arnaud
BakerStreet éditions 2013

Une belle Saloperie, certes, mais de quoi, de qui nous parle ici Robert Littell ? Il faudra, lecteur patient, attendre les dernières pages pour le savoir. Échafauder des hypothèses vous mènera à la suite des personnages depuis des casinos américains du Nevada jusque dans le Désert Peint.
Lemuel Gunn (avec deux « n », il se tue à le répéter pendant tout le roman), ancien de la CIA, viré pour avoir mal supporté les exactions américaines quelque part dans les montagnes au-delà de Kaboul et surtout l’avoir signalé par écrit, tente de se refaire une vie comme détective privé. Et comme tel, il voit de drôles de clients. Mais celle-ci, qui arrive, fragile, pieds nus dans le sable et portant tous les orages du ciel dans les yeux, il ne va pas longtemps lui résister.
On est dans le schéma extrêmement classique et prévisible du hard boiled cédant aux charmes vénéneux d’une belle en perdition. Schéma que Littell, avec une habileté longuement exercée dans les romans d’espionnage dont il est coutumier, va réussir à rendre original.
C’est qu’il n’y a pas seulement le métier et l’intrigue irréprochable mais aussi une belle sensibilité dans la description de héros blessés, les bons comme les méchants portant leur part d’ambigüité.
Personnages attachants, décor en technicolor, action bien pesée, suspens et tension… Il peut y avoir un grand plaisir de lecture, raffiné, réconfortant, dans des romans a priori destinés aux gondoles de supermarché quand ils ont la qualité de celui-ci.
Littel, dans un roman calibré comme un James Bond, fait entrer Jane Austen avec les états d’âme de la belle héroïne et la recherche de l’amour parfait que mène le hard-boiled…
« Une belle saloperie » fait partie de ces romans que l’on quitte à regret. On était si bien dans ses pages…

Tag(s) : #critiques

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