Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

bonne-nuit-frimansson1.jpgBonne nuit mon amour

Inger Frimansson

Livre de Poche 2011

 

 

 

Petite fille, Olga a aimé son père à la folie, dans un attachement fusionnel que la mort de la mère, puis la survenue d’une belle-mère, n’ont en rien diminué, bien au contraire.

Les mauvais traitements de la belle-mère odieuse, les humiliations des camarades font de l’enfance d’Olga un calvaire qui la rend muette. La marâtre et l’enfant se haïssent avec une constance s’étalant sur toute leur vie.

Sous la cendre du silence, la haine couve. La mort du père ne rendra rien plus facile, bien au contraire. Si la rivalité n’est plus, la haine est inextinguible. Aussi, lorsqu’Olga s’attache follement à un homme infidèle, la frivolité de celui-ci va incarner l’insupportable goutte d’eau de trop. La jeune femme va alors sombrer dans une folie froide qui n’est finalement rien d’autre que la mise au jour d’une pathologie construite dès l’enfance et maitrisée jusqu’alors.

 

Crédité du prix du meilleur roman noir suédois, Ingmer Frimansson fait lanterner son lecteur un sacré bout de temps, baladant sa narration d’un personnage à l’autre dans une longue première partie un peu languissante.

Le roman fait 410 pages dans sa version poche. Il faut attendre la page 331 pour découvrir les premiers effets dévastateurs du passé affligeant d’Olga. Mais c’est alors une apothéose sèche, sans pathos, curieusement installée, après toutes ces froidures suédoises, dans la touffeur moite de la Thaïlande.

 

Contraste saisissant entre l’hiver immobile, faisant pendant au silence d’une petite fille perturbée, et la violence qui émerge sans fard dans la nuit de la jungle.

 

Le roman plaira forcément à ceux que le rythme lent des auteurs nordiques ne rebute pas.

Tag(s) : #critiques

Partager cet article

Repost 0