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« Verdict » Justin Peacock

Sonatines Editions, 2010

368 p, 22 €

Un procédural, avec une pointe de cocaïne en guise de piment !verdict_peacock-copie-1.jpg

 

Joël Devereaux est avocat d’affaires, New-Yorkais, totalement englouti dans un travail qui le dévore quinze heures par jour, six jours sur sept, et dont il ne sait plus pourquoi il l’a choisi. Cela explique sans doute pourquoi, dès les trois premières pages, il passe directement de la case bureau-au-trentième-étage-avec-assistante à la case commis-d’office. Ce qu’on ne peut pas décemment considérer comme une ascension sociale, surtout quand ça fait suite à une suspension de six mois. Et pourquoi donc ? C’est là que ça devient intéressant. N’allez pas croire que M Devereaux soit vraiment addict, non, il s’amusait juste. Avec la dite assistante. Qui, très jeune, rejeton d’un ténor du barreau, pousse le mauvais goût jusqu’à faire une overdose mortelle dans les toilettes de leur employeur commun. Se remettre du scandale, Devereaux le peut, en faisant le compte des amitiés et du niveau de vie, perdus en même temps, comme c’est étrange. Non, le plus dur est bien dans le renoncement à la dope, quoi qu’il en dise.

Alors forcément, rien ne sera simple quand il va se trouver à travailler sur une affaire de meurtre survenue dans une cité mise en coupe réglée par les dealers, à défendre l’un d’eux jusqu’à perdre de vue la vraie responsabilité d’un défenseur… Jusqu’à détruire, sans doute, un innocent pour faire libérer un coupable. On ne se débarrasse jamais complètement de son passé. 

Ce roman est un procédural. Veine américaine, du bien construit, documenté. L’auteur, on s’en doute, est avocat lui-même. Mais… il y a l’avant procès, il y a l’après, qui transcendent le genre quand le cœur du pavé raconte l’éternelle course contre l’attorney. La personnalité du héros, taraudé par l’inquiétude, le manque, les questions existentielles, et sa cascade d’ennuis, sortent « Verdict » du lot. De plus, Devereaux, bien qu’englouti dans le rythme de la procédure, prêt à beaucoup pour prouver qu’il peut encore réussir un peu, en arrive à partager avec nous cette interrogation : « Tout est-il permis pour faire acquitter un client ?»

La plume est vive. Le suspens tient la route, forcément, appuyé qu’il est sur l’exercice juridique puis sur ses conséquences en dehors des murs protecteurs des palais de justice.

peacock.jpgGrisham a déjà fait dix romans comme celui-ci, plus que classique. Néanmoins, les trois pages du début et les vingt de la fin sauvent « Verdict » du convenu, soit-il de qualité. Il n’empêche, sans renier le plaisir de cette lecture, que je suis restée un peu sur ma faim. Justin Peacok signait là un premier roman. En corsant un peu la sauce, il nous sortira sans doute dans le prochain de quoi ne pas l’oublier. Il a l’étoffe nécessaire, cela semble évident.

 

Tag(s) : #critiques

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