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feu-au-royaume.jpgLe Feu au Royaume
Sebastien Doubinski
Le Petit Ecailler, 2012

André Thiriet, connu dans le milieu sous le nom de Dédé la Classe… est un héros vieillissant, retiré des affaires. Il a quitté Panam, vit en Espagne de souvenirs, ceux que sa femme a égarés, ne reconnaissant plus sa famille. L’annonce de la mort de son fils, de son Alexandre parti gérer les affaires familiales, va ramener Dédé à la capitale française.

Mais plus rien n’est comme avant. Les amis, les complices d’autrefois sont des vieillards fatigués, le monde a changé trop vite, Dédé n’a rien vu venir. Il n’a pas vu non plus son fils se lancer dans de sales affaires, celles que son père avait toujours refusées : les filles. Non pas sur un plan personnel, mais industriel. Pour le cacher à son ancien, farouchement opposé au trafic d’humains, le jeune homme s’est livré à un maquillage des comptes. Non, Dédé, décidément, n’a rien vu venir.

Sebastien Doubinski nous fait, tout en retenue, la peinture d’un personnage à la Audiard. Ravagé par la perte de l’esprit de son amour qui vogue à présent dans un vide effrayant, incendié par la mort du fils, Dédé se lance dans une bataille où il pourrait laisser la vie, où il va, à coup sûr, perdre ce qui lui reste d’âme.

Ecrit avec une sobriété absolue, une immense tendresse pour ces truands à l’ancienne atteints par la limite d’âge, Doubinski nous offre un roman court, tendu comme la trajectoire d’une bastos… et touchant comme les larmes d'un vieillard cruel. Un paradoxe superbement équilibré par le talent de l'auteur.

Tag(s) : #critiques

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