Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

 

 paix-que-verite-copie-1.jpgLa paix plus que la vérité
Gildas Girodeau
Editions « au-delà du raisonnable » 2012

« Au-delà du raisonnable » est une jeune maison d’édition parisienne, au catalogue en formation. Elle a déjà accueilli quelques auteurs bien connus dans le monde du polar. Thierry Crifo, Gilles Del Pappas, Catherine Diran, François Thomazeau, Erica Wagner… Et Gildas Girodeau, pour cet opus qui nous mène en Catalogne, tant française qu’espagnole à la suite d’un personnage qui lui ressemble…


Un écrivain-journaliste, pour vivre de sa plume, doit cumuler les piges et  beaucoup de ces petits ménages que sont les conférences suivies de signatures. C’est ainsi que l’écrivain Yarnald Collom, journaliste pour un hebdo engagé de Perpignan, se rend à Marseille. Là, Valenti, président de l’association des Catalans de Marseille, le reçoit. Ils partagent leurs origines, mais Valenti, plus âgé, a fui la répression franquiste, alors que Yarald est né en France. Après une soirée animée par des discussions vives qui rappellent à Yarnald que les cicatrices de la guerre d’Espagne ne sont pas fermées, Valenti va faire à l’écrivain des confidences qui remontent à des faits anciens.
Les recherches qu’elles déclenchent mènent Yarnald à remuer un passé espagnol non réglé. Cette enquête, et les découvertes qu’elle va impliquer, ne sont pas du goût de tout le monde. En Espagne comme en France, le silence, l’oubli, ont été préférés à une vérité trop douloureuse et trop perturbante. Sauver le quotidien a primé : on a préféré enterrer le passé.
Au cours des ses pérégrinations, Yarnald Collom va faire la rencontre de personnages hors normes comme ce curé activiste ou une brune incendiaire qui va bouleverser sa vie.

« La paix plutôt que la vérité » est un roman profondément humaniste, riche en enseignements nichés dans une intrigue pleine de péripéties. Sa première partie fait un tableau historique qui rappelle à ceux qui voudraient l’oublier : les charniers, les disparitions, les tortures et les spoliations de l’époque franquiste. Sans dogmatisme, sans posture. Gildas Girodeau, via son personnage alter-ego  défend certes le parti de la vérité, mais il ne sait pas condamner ceux qui ont préféré la paix.
Une lecture pour ne pas oublier, même si avancer nécessite de savoir se servir d’un rétroviseur sur le passé.




Tag(s) : #critiques

Partager cet article

Repost 0