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avion sans elle2Un avion sans elle

Michel Bussi

Presses de la Cité, 2012

 

Bussi nous a tous bluffés avec ses « Nymphéas Noirs » lauréats, notamment, du prix Michel Lebrun 2011.

Pourquoi reparler du précédent roman en introduction du nouveau ? Parce que précisément, Bussi est un récidiviste. Et selon moi, pas plutôt relâché, il n’aura de cesse de recommencer. Je pense qu’on devrait vraiment surveiller ce gars qui, à force de concocter des intrigues tordues, va soit se fouler gravement la cervelle, soit prendre l’habitude de marcher en arrière dans la trace de vos propres pas histoire de mieux vous embrouiller.

Qu’on en juge. Jura, un soir de Noël. Tourmente de neige. Un avion Istanbul – Paris se crashe. Dans l’avion deux bébés, leurs parents, centre trente passagers et membres d’équipage. Une seule survivante, présentée comme la miraculée du Mont Terrible. Un bébé, éjecté, protégé de l’incendie effroyable par la neige du jura.

Sans marque distinctive, ce bébé est anonyme. Qui étaient ses parents ? Et par voie de conséquence, qui sont ses grands parents ? Deux familles, l’une modeste, ouvrière, l’autre riche des millions d’une l’industrie florissante.

Pendant des mois, le bébé attend à l’hôpital que le juge décide de son sort. Quand enfin les jeux sont faits, la famille privée de descendance refuse ce double deuil : celui, déjà insupportable, de leur enfant et de son conjoint. Celui, enfin,  retardé, imposé par la justice, de leur petite-fille. Un « privé » est embauché, qui va enquêter pendant dix-huit ans.

Je n’en dirai pas plus, par peur de déflorer un mystère habile. Avec Bussi, le diable se cache vraiment dans les détails. Il ne répugne pas non plus à teinter son intrigue d’un soupçon de fantastique, d’un poil de mélodrame, d’une pincée de mystère. Sans compter qu’on atterrit en plein milieu d’un dilemme amoureux cornélien.

Si parfois, on sent que l’auteur prend plaisir à faire lanterner son lecteur, si certains personnages frisent la caricature, dissimulant mal la répulsion de Bussi pour les « cathos – tradis » l’énigme vous agace suffisamment les dents, de rebondissements en rebondissement, pour vous scotcher au livre.

Voilà un roman qui fera le bonheur des amateurs de mystère à la Lupin, avec force retours de situations, et une belle histoire d’amour.

Tag(s) : #critiques

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