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indien-blanc.jpg"L’indien Blanc"

 

Craig Johnson

 

Traduit de l’américain par Sophie Aslanides

 

Editions Gallmeister, 2011

 

Walt Longmire, sheriff du comté d’Absaroka, quitte ses hautes terres du Wyoming en compagnie de son ami, Henry Standing Bear. L’indien va exposer ses photos dans un musée de Philadelphie. L’occasion, pour l’un comme pour l’autre, de prendre quelques vacances dépaysantes. A Philadelphie, vit Cady, fille unique de notre sheriff. Père en adoration, il n’hésite pas à la qualifier de « plus grand avocat du monde ». Cady a annoncé son désir de présenter à son père un jeune collègue brillant, issu d’une riche famille. Il y a de la bague dans l’air, et Walt n’est pas sur que ça le réjouisse.

 

La fête n’aura pas lieu. A peine arrivé, le cow-boy égaré en ville est appelé d’urgence à l’hôpital. Sa fille s’y trouve dans un état grave, après avoir été agressée. Le coma dans lequel elle va rester, profondément absente, laisse son père totalement démuni, fou d’angoisse, oscillant entre une rage brulante, la volonté de punir le coupable, et l’attente terrible du retour à la vie de Cady.

 

Walt Longmire, entre deux stations au chevet de sa fille, et bien que sans pouvoir dans ce secteur, va se jeter dans la bagarre. Il veut comprendre, il veut punir. Il y récoltera bleus et bosses.

 

Les canyons urbains ne sont pas son terrain de chasse privilégié. Il va cependant traquer la vérité avec la même force intuitive et le même regard que celui qu’il porte sur l’herbe couchée par le vent ou sur les bois de son comté.

 

Ce roman est l’occasion de découvrir la famille mythique de Vic, la tempétueuse adjointe au langage de charretier. Une mère dont le charme va émouvoir notre sheriff, un père dont l’autoritarisme va le rebuter et un quatuor de frères, plus flics que flics, qui vont lui offrir leur aide.

 

On retrouve avec plaisir le sheriff philosophe qui se laisse guider par ses rêves et son ami indien mystique. Presque tous les ingrédients sont réunis pour porter ce roman au niveau de « Little Bird » et autre « Le camp des morts », précédentes aventures de Walt Longmire.

 

Mais presque seulement, car il manque les montagnes du Wyoming, l’air pur, l’odeur du feu de bois, le bruit du vent. Une partie évidente du charme des deux précédentes aventures résidait dans la force descriptive, quasi lyrique de Craig Johnson qui y traitait la nature en personnage à part entière. L’âme du vent ne traverse pas la ville avec la même pureté et les pots d’échappement qui rebutent notre sheriff manquent d’exotisme.

 

Mais même en préférant le comté d’Absaroka à Philadelphie, ses tours, ses musées et ses ponts, c’est un excellent moment qu’on passe avec Longmire dont l’âme de père recèle des trésors infinis.taylor.jpg

 

On reste dans l’attente de son retour dans la Wyoming, avec l’espoir d’une petite place dans son pick-up, l’air des cimes manque trop à Philadelphie.

 

Lou-20Diamond-20Phillips.jpgIl est fortement question d’une prochaine adaptation sous forme de série des aventures du shérif. Sur le site (en anglais) de Craig Johnson, on apprend que le pilote est déjà tourné par Chris Chulack, avec Robert Taylor (le méchant dans Matrix) dans le rôle de Walt Longmire et Lou Diamond Philips (de mon point de vue, il fait plus latino lover qu’indien ténébreux) dans celui d’Henry Ours Debout.

 

 

Tag(s) : #critiques

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