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Orages ordinaires

William Boyd

Editions du Seuil, 21,80€, 476 p

 

Voici un des meilleurs polars de l’année, je n’hésite pas à le dire.

Dans « orages_ordinaires.jpg» , il est question d’un homme qui tombe en errance comme on tombe malade. On fait sa connaissance à un moment charnière de son existence, alors qu’il se croit au début d’une nouvelle vie qui ne commencera jamais.

Comment il commet l’erreur fatale – celle qu’on croit tous ne jamais commettre, mais qui sait…- comment au lieu de courir vers la police, il la fuit, se terre, découvre la clandestinité démunie, la vie de sans abris, lui le scientifique réputé, est au cœur de l’intrigue.

Bien sûr, c’est aussi le roman des mécanismes pervers et cyniques du monde des laboratoires pharmaceutiques acoquinés à la finance. C’est aussi un suspens double, entre le destin individuel de notre héros et le destin élargi d’une population entière de malades.

Le tout est servi par une écriture impeccable (belle traduction de Christiane Besse), et l’humour « so british » de Boyd, le plus international des écrivains britanniques, né en Afrique et vivant partiellement en France.

« Orages Ordinaires » de William Boyd est édité en collection « roman », littérature générale donc, qualifiée habituellement de  « blanche » en opposition au « noir » . C’est, dirais-je avec assez peu de chance de me tromper, un choix d’éditeur qui craint de perdre des lecteurs en glissant un de ses gros  auteurs dans les circuits polars. On avait eu le même phénomène avec la « La vie aux aguets » du même auteur, roman à tiroir, entre thriller et espionnage, magnifique portrait d’une relation mère fille, évocation du secret et des difficultés à communiquer.

Je garde aussi un souvenir ému des nouvelles douces-amères de « La femme sur la plage avec un chien » où laboyd.jpg sensibilité de Boyd est servie par ce qui fait son style :  merveille de concision fragile, ellipse.

La marque des grands écrivains est d’avoir un « ton » qui leur est propre. Dans l’élégance de son désespoir, Boyd a des expressions qui n’appartiennent qu’à lui.

A lire, donc, mais aussi à relire, à offrir, à prêter, et si les temps sont durs, à voler ? chttt ne dites pas que j’ai dit ça ! Je nierai !

 

 

Tag(s) : #critiques

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