Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Paul Cleave

Un Père idéal

Sonatine éditions

images.jpgNeuf ans, l’âge de raison, certes, mais un âge encore bien tendre. Il faut pourtant qu’Edward oublie tout de l’enfance le jour où son père est arrêté. Pas facile d’avoir un paternel étiqueté « serial killer ». La mère sombre dans l’alcoolisme et la dépression avant de se suicider. Les grands parents, obligés de se charger des enfants, ne voient pas d’un bon œil la grande sœur tourner mal : drogue et trottoir tandis qu’Edward s’enfonce dans le mutisme et le désespoir.

 Plus tard, bien plus tard, Edward est devenu comptable. Il a une charmante épouse, Jodie, une petite fille adorable et une maison trop exigüe. Noël est là,  avec ses températures étouffantes : n’oublions pas que nous sommes en Nouvelle Zélande. Le plus beau cadeau de Noël ce sera de s’acheter un nouveau foyer. Edward et Jodie, sa femme, vont donc à la banque signer un prêt. C’est, hélas pour eux, le moment que choisit une bande de braqueurs pour faire un casse rémunérateur avec prise d’otage. Le bouclier humain sera liquidé avant de monter en voiture, et Edward n’aura que ses yeux pour pleurer sur le sang de Jodie mourant dans ses bras.

Voilà un homme qui a tout fait pour devenir anonyme, invisible et qui va plonger de nouveau dans un océan de violence et de désespoir auquel personne ne devrait résister. Ces nouveaux assauts de l’adversité vont faire d’Edward quelqu’un qui, finalement, pourrait ressembler à son père plus qu’il ne le voudrait.

Paul Cleave a fait une arrivée remarquée en France avec son précédent roman « UnPaul-Cleave-copie-1.jpg employé modèle » (même éditeur en 2010 / sortie en poche en septembre 2011). Si les deux romans sont fort différents l’un de l’autre par le ton, on se réjouit de retrouver l’ambiance des rues de Christchurch. Cleave fait preuve dans les deux ouvrages du même talent pour la montée en puissance du suspens. Son personnage central est ici moins cynique. Sa plongée dans un maelstrom de douleur et de pertes employe-modele.jpgdonne au roman une tonalité forcément moins jouissive, plus dramatique. La condamnation à la violence a quelque chose de la mise en marche du destin. Mais Edward a su résister dans l’enfance, il va tenter de retrouver sa capacité extrême à faire face… à tout, y compris au retour de son assassin de père dans sa vie.

Un deuxième roman qui confirme le talent d’un auteur dont on attend dorénavant les sorties avec intérêt et curiosité.

22€ 406 pages

Tag(s) : #critiques

Partager cet article

Repost 0