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violent-automne-copie-1.jpgLes Violents de l’Automne
Philippe Georget
Jigal Polar -2012 –

Après l’excellent « Paradoxe du cerf-volant » multi primé, voici qu’on retrouve le personnage de policier provincial, de « La nuit tous les chats s’ennuient ». Père de famille, ni alcoolo, ni dépressif, le flic serait même heureux en mariage s’il n’était rongé par le doute. Ça vous ruine le moral d’un homme ! Gilles Sebag n’a pas eu le cœur dans l’opus précédent de s’assurer de l’infidélité de sa femme, la vie continue…
A Perpignan comme ailleurs, la mort d’un gamin en scooter est un drame dont ne se remettent ni la famille, ni les proches. Pour soulager un peu de la peine de sa fille qui vient de perdre un copain de son âge, camarade de classe,  Sebag promet qu’il va vérifier les circonstances de l’accident. Il est empêché de s’y mettre comme il le voudrait par un assassinat siglé « OAS ». Un vieillard, sans doute tué par un autre vieillard, les trois lettres peintes sur un mur… Bientôt, un autre assassinat, même signature…
Quel rapport entre des événements vieux de cinquante ans et la mort d’un gamin de quatorze ans ? Y a-t-il un lien avec des menaces reçues par des pieds noirs de la région perpignanaise ? Sebag doit réviser ses notions historiques, en particulier au bénéfice du « bleu » de son équipe pour qui OAS n’a pas de sens particulier. Mais le passé a la vie dure.
Georget s’appuie sur les codes solides de la vie de commissariat en province. Son héros est attachant, les personnages secondaires composent une trame solide et l’arrière fond familial donne une tonalité très humaine.georget.jpg L’atmosphère familiale est à sa juste place, composant avec les doutes d’un homme mur, son travail, sa hiérarchie, un tableau particulièrement humain que le lecteur peut partager.
Le contexte historique offre un rappel intelligent et bien construit aux oublieux. Ce qu’on a pudiquement appelé « les événements » en Algérie, l’implication d’officiers français, de la police ou de l’armée, les atrocités commises dans les deux camps... Pour les dépasser, il faut commencer par pardonner, et pour ça, refuser l’oubli.
Ces rappels arrivent par le biais d’une intrigue bien menée, peinte avec intelligence et humanité, sans manichéisme, et Philippe Georget a bien raison : le présent a toujours ses racines dans le passé.

Tag(s) : #critiques

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