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traquees.jpgTraquées

Michael Robotham

Le livre de Poche 2011

 

Joe O’Loughlin est psychologue. Marié à une femme qu’il adore, traductrice pour des conférences financières top niveau, père de deux adorables filles, dont une pré-ado (un peu pénible, mais c’est un pléonasme, non ?). Le plus gros problème de ce héros est celui de la maladie qui l’atteint cruellement.

« Monsieur Parkinson » est entré dans sa vie trois ans auparavant. Malgré le traitement, son quotidien est fait de lutte incessante pour marcher sans tomber, pour ne pas laisser le stress accroitre l’effet de masque quand les muscles de son visage se tétanisent…

Un jour, il est sollicité par les forces de police qui l’emmènent sur un pont. Une désespérée, uniquement vêtue d’une paire d’escarpins à talons aiguilles rouge rubis, accrochée à son téléphone portable, finit par se jeter dans le vide malgré les exhortations du psy. Soixante dix mètres de chute, cela ne pardonne pas. Nul ne peut résister à ce genre de plongeon.

Culpabilité ? O’Loughlin, tracassé au-delà du raisonnable par la scène, se met en quête d’éléments qui lui permettraient de comprendre la scène surréaliste à laquelle il a assisté, impuissant. Son intuition d’une manipulation va être confirmée par la mise en scène de la mort d’une seconde victime, amie de la première.

Que peut-il y avoir de commun dans le passé de ces deux femmes inoffensives qui explique leur mort ?

O’Loughlin va approcher de très près un personnage que l’armée refuse de reconnaitre comme un des siens malgré ses nombreuses années de service comme « interrogateur ». Un as de la torture mentale et de la manipulation. L’approcher de beaucoup trop près pour ne pas en souffrir, pour ne pas perdre des biens si précieux : santé, famille, amour. Même décryptée, une manipulation reste efficace si elle touche au plus sensible.

Mise en scène efficace d’une effrayante machination, ce roman insiste autant sur le statut de victime que sur celui de bourreau. Il arrive d’ailleurs que les deux se rejoignent, car perdre la raison peut être l’effet d’une descente aux enfers programmée par une nation à son propre profit.

On retiendra aussi l’habileté diabolique des manipulations montées par un esprit pervers que décrit fort bien Deaver. Aucun parent ne peut dire ce que lui, serait prêt à faire et à répondre, dans les situations où sont placées les mères de ce roman à qui le tueur fait croire qu’il détient son enfant.

Ni l’écriture ni la construction de ce roman n’ont rien d’exceptionnel. Il pleut, c’est l’Angleterre en hiver, on boit des litres et des litres de thé. Toutefois, les personnages sont touchants et leur humanité appelle l’identification du lecteur. Un bon suspens, un rythme intéressant et des personnages sympathiques, une critique implicite de ce que l’armée justifie sur les théâtres d’opérations. De quoi remplir plaisamment et efficacement les six cents quarante et une pages de ce « poche ».

 

Tag(s) : #critiques

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