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vox.jpg« Vox » et « Cobra »
Dominique Sylvain
Seuil, Point Policiers 2013

« Vox » était la première apparition en 2000 du duo Alex Bruce / Martine Lewine, équipe réapparaissant dans « Cobra » deux ans plus tard.  Ces deux romans ressortent en même temps en ce début 2013 au Seuil, collection « Points Policiers ».
Le Prix Sang d’Encre était venu récompenser « Vox », à juste titre. Car, s’il s’agit d’un roman de serial killer, une écriture simple et des personnages attachants en font toute la saveur. On sait combien il est dur d’écrire simplement, l’hyperbole étant l’apanage des mauvaises fictions, blanches ou noires, peu importe le genre. Quand l’hyperbole fleurit, en général ça ne sent pas bon. Un peu comme les marguerites, si charmantes dans les talus d’été, mais qui puent la vieille chaussette une fois cueillies. (Comparaison complètement oiseuse, je sais, mais je ne me lasse pas du mystère de la marguerite).
Le commandant Alex Bruce est un serial séducteur, noyant dans les amours multiples le chagrin d’un abandon.
Mcobra.jpgartin Lewine, jeune capitaine au passé douloureux d’enfant de la DDASS, a survécu à un enlèvement de plusieurs jours,  avant de réussir l’exploit de s’échapper à force de volonté de survivre. Entrer à la Crime est son rêve que la survenue d’une série de meurtres lui permet d’atteindre. Ce ne sont pas tant ses qualités de flic qu’on va exploiter, mais sa voix de sirène, de celles qui font vibrer « Vox » le fou qui tue des « voix » plus que des femmes. Il va lui falloir gagner sa place dans une équipe soudée, où l’amitié pèse autant que l’expérience.
Toute une galerie de personnages, une ambiance, des couleurs, qui nous éloignent de l’univers du « 36 » à la Simenon. Ici, on pourrait qualifier le climat de légèrement décalé. Un poil subtil de fantaisie au sein d’une grande rigueur dans la construction de l’intrigue, qui file bon train.
Ces qualités sont un peu moindres, peut-être, dans le second roman. « Cobra » pâtit sans doute d’une galerie de « méchants » plus caricaturaux, et les tourments de la capitaine après  la rupture amoureuse d’avec son commandant font perdre un peu de la légèreté pugnace du précédent opus. L’enquête se laisse suivre toutefois, et l’on ne saurait reprocher même un bouton de culotte (militaire) à Dominique Sylvain : pas de retournement invraisemblable, une progression linéaire qui finit en feu d’artifice, un joli saut de carpe pour le rétablissement final : ça tourne bien rond.


Si vous aviez raté la première parution, faites-vous le plaisir (économiquement engageant) de vous offrir les deux titres et de les lire dans l’ordre. C’est toujours mieux.
A noter pour les fins connaisseurs : il s'agit ici des textes originaux, Dominique Sylvain ne les a pas réécrits comme elle a pu le faire pour "Baka " récemment.



Tag(s) : #critiques

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