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Le Credo de la violence

Boston Teran

Éditions du Masque, 281 pages, 19€

 

Un père, et son fils. Le premier ignore tout du second après l’avoir abandonné dans son enfancele-credo-de-la-violence-.jpg pour poursuivre sa carrière criminelle. Le second, devenu adulte, a choisi de devenir policier. Pas de hasard, rien que le destin, qui s’appellera ici : fatum.

On est en 1910, au Texas, et la révolution va éclater au Mexique tout proche. Mexique où est né John Lourdes avant d’être abandonné par ce père dont il se souvient comme d’un homme sauvage, cruel, n’ayant jamais hésité à lever la main sur sa mère ou sur l’enfant qu’il était alors. Mère toute de douceur et de piété dont il a gardé trace dans ce nom qui n’est pas un patronyme : John Lourdes. Rawbone, le père, est un repris de justice, tueur sans pitié, et même au-delà, homme à se réjouir de sa propre amoralité, n’éprouvant que mépris pour ses contemporains, violant sa parole avec le sourire, tuant avec délectation.

Le fils va arrêter le père. Puis devra l’accompagner pour le surveiller alors qu’un marché est passé, destiné à aller découvrir sur place, au Mexique, les dessous d’un trafic d’armes qui inquiète l’état américain. Déjà cette époque, il découvrira des liens avec l’industrie du pétrole… Cette mission, Lourdes l’accomplit sans jamais dénoncer leur lien. Rawbone, libre sous condition, ne peut tuer ce jeune policier comme il le voudrait, et leur étrange compagnonnage va les mener loin tous les deux. Loin dans le désert mexicain, loin dans le désert de leurs âmes et aucun des deux n’en reviendra le même.

L’écriture de Boston Teran est ample et puissante. L’âpreté des dialogues râpe la prunelle des lecteurs et c’est bon. Il y a dans ce roman tout ce qui est écrit et tout ce qu’on entend sans le lire…

« La maison communale se dressait sur fond de ciel nocturne. Ses fenêtres vides et son énorme portail béant qui avait naguère hébergé un double vantail étaient comme l’épitomé du néant. »

satan_desert.jpgLa narration est parfois elliptique, les personnages ne révélant pas tout de leurs tourments au lecteur, pas tout d’un coup. On reste habité par leurs souffrances et leurs interrogations, bien après avoir fermé ce livre que je considère comme un des grands de l’année.

Boston Teran entretient le plus grand secret sur sa véritable identité. On ne le connaît qu’au travers de ses romans. L’un d’entre eux a reçu de nombreux prix, et s’est installé, semble t-il au panthéon de ceux qui l’ont lu : « Satan dans le désert ». Désert dont il parle magnifiquement aussi dans « le credo de la violence ».

Tag(s) : #critiques

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