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clous-coeur.jpgDes clous dans le Cœur
Danielle Thierry
Fayard 2012, Prix du quai des Orfèvres 2013

Des clous, le commandant Revel en supporte trois, profondément enfoncés dans un cœur mal portant. Sa fille dépressive, anorexique, à laquelle  il ne sait quoi dire, surtout pas combien il l’aime.
Le second clou, toujours saignant, et sans doute à tout jamais, entretient avec l’autre clou une triste causalité. La disparition de sa femme, la jolie Marieke, dix ans auparavant. Evaporée, un beau, ou plutôt un vilain soir, alors qu’elle revenait d’une répétition de chorale.
Que Revel n’ait pas été pas un père ni un mari exemplaire, qu’il ait beaucoup fait souffrir sa famille par la priorité toujours renouvelée à son travail, cela ne fait de doute pour personne. Au point d’amener ses collègues à s’interroger sur la disparition de l’épouse. Laquelle finit, humiliation brulante,  par se révéler plus volage que ne le pensait son flic de mari.
Le troisième clou dans le cœur, enfin, c’est une affaire jamais résolue : le meurtre d’un couple de bistrotiers. Le double homicide a pour particularité  de s’être produit dans la ville a priori paisible de Rambouillet, le soir même de la disparition de Marieke. Le commandant Revel s’est construit l’étonnante certitude, basée sur l’intuition plus que la raison, d’un  lien entre ces deux événements.

C’est autour de ces trois énigmes que tourne le roman. Enigmes brutales par la violence qu’elles infligent constamment à l’homme, insidieuses par leur effet sur sa santé calamiteuse, et l’état de ses relations avec autrui.
Bien sur, on est dans un roman. Revel découvrira, à force de chercher avec entêtement, le petit fil qui relie ces drames avec une nouvelle affaire, retrouvera beaucoup mais perdra aussi énormément.

Le Prix du Quai des Orfèvres a été attribué à Danielle Thierry pour ce roman. Le jury ne pouvait qu’apprécier la rectitude des procédures, la conformité du fonctionnement d’un commissariat, et pour cause. On n’oublie pas que l’auteur a été policier.
Ce n’est pas ce qui personnellement m’a le plus touchée dans « Des clous dans le cœur ».
La qualité de l’écriture y construit sans esbroufe un tissu de relations humaines fait d’émotions dites ou tues, dans leur complexité parfois paradoxale, jamais univoque. Les personnages restent  profondément humains et crédibles bien que fortement typés et celui du jeune autiste trouvant enfin un lien avec la société, aussi ténu soit-il, est d’une facture réconfortante.
J’ai eu plaisir à découvrir avec Danièle Thierry cette équipe rambolitaine de flics de permanence pendant les fêtes de fin d’année, et le sort de Revel a su me toucher... au coeur.



Tag(s) : #critiques

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