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l-invisible.jpgL’Invisible

Robert Pobi, traduit de l’anglais (Canada) par Fabrice Pointeau

Sonatine Editions, 2012

 

Il en est des thrillers comme du reste : tout finit par lasser.  En particulier, l’excès de violences sanguinolentes et autres fantaisies gores ont, de mon point de vue, saturé l’univers littéraire du suspens. Aussi abordais-je cet « Invisible » avec circonspection. Et j’avoue avoir pas mal marché, m’être laissée balader sans trop résister.

Tous les ingrédients du thriller sont là. Un agent du FBI border line, couvert de tatouages, ex alcoolique, connu de ses supérieurs pour une aptitude unique à « se mettre dans la tête » des tordus que secrète la société américaine. Soutenu aussi par ces mêmes supérieurs, car son non conformisme indispose en général les flics ordinaires. Venu voir son père, artiste génial devenu fou, sorte de Pollock vieillissant, le superflic se trouve confronté à la réédition d’un des plus gros traumatismes de sa vie. Quand il était petit, sa mère a été dépecée par un cinglé. Or, dans la ville de son enfance, du côté de Long Island, alors qu’un ouragan plus puissant que Katrina –force 5- approche, on a retrouvé deux victimes : une femme et son enfant, tués et écorchés.

La police locale va naturellement s’appuyer sur le flic New Yorkais pour tenter de trouver une raison au carnage qui se poursuit, dans une atmosphère de fin du monde, alors que l’océan démonté envahit la ville sans électricité et que la plupart des habitants se sont enfuis.

Le héros est un homme imparfait, dont le cœur est rythmé par un pacemaker, lequel a des ratés lors des grosses émotions ou lorsque tombe la foudre. Sans doute ceci nous épargne-t-il le schéma ultra classique du super héros inoxydable confronté à des incarnations du mal… A souligner, la météo qui installe une bonne dose d’un suspens intelligemment restitué.

Je ne dirai rien de la fin. « Spoiler » est pécher… sauf pour en dire qu’elle est « maligne » presque trop… à un tout petit millimètre du « trop ». Comme l’ensemble du roman.

Avec une écriture et une traduction sans fioritures, on est dans l’anglo saxon efficace. Ce sont peut-être les origines Canadiennes de l’auteur qui le font tenter le grand schuss du thriller à un poil du fantastique… sans toutefois rater la marche du roman d’action.

A lire si on aime, dans l’ordre :  se faire peur, être surpris puis rationnaliser… et à réserver pour un jour de sale temps si on apprécie, vraiment, trembler…

Tag(s) : #critiques

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