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il-coule-aussi.jpgIl coule aussi dans tes veines
Chevy Stevens traduite par Sebastian Danchin
L’Archipel, Suspense, 2013

Chevy Stevens représente l’archétype de la femme que les autres femmes détestent. Soyez juge ! Jeune, très jolie, elle a sans doute hérité d’une lointaine aïeule indienne des yeux en amande et une peau lumineuse. Pour aggraver le tableau, cette jeune personne est dotée d’un joli brin de plume.
Le marketing de son éditeur français, outre les photos flatteuses,  repose sur les ventes du précédent, et premier roman, de cette ravissante canadienne. « Sequestrée » s’est en effet vendu à un million d’exemplaires. Dur de faire mieux…
« Sequestrée » fonctionnait sur un canevas,  reproduit dans « Il coule aussi dans tes veines ». On assiste à une longue narration retardée, à distance des événements, chaque chapitre représentant une séquence de plus chez son psy où l’on voit s’enfoncer la malheureuse héroïne, Sara, dans une série de dilemmes toujours plus douloureux.
Si tous les personnages diffèrent dans ce nouveau roman, on se retrouve de nouveau à Vancouver, dans le cabinet de la même psychiatre.
Sara, jeune femme au tempérament vif, enfant adoptée au passé douloureux dans sa famille d’accueil, est devenue mère à son tour. Elle prépare son mariage. C’est sans doute ce qui la pousse à s’informer sur ses origines. Hélas, c’est ouvrir une boite de Pandore qui va lui couter très cher. Pas facile de découvrir qu’on est le fruit d’un viol, ni de faire face à la tardive passion paternelle d’un serial killer…
Les conventions du genre sont respectées. Tension, suspens, « méchant » qui finit par montrer des qualités, et « gentil » sans doute pas si parfait que ça…
Comme dans « Sequestrée », on trouve dans la cellule familiale tous les ingrédients de ces beaux drames qui font la fortune des psys et alimentent la littérature depuis l’origine de l’écriture.
La vision de la famille par Chevy Stevens est on ne peut plus noire. Elle y puise une inspiration renouvelée. Si ce second roman ne tient pas totalement les promesses du premier, c’est bien parce que celui-ci avait su mettre le doigt sur l’universalité de la douleur liée à la perte avec une grande finesse.
Il ne faut cependant pas bouder son plaisir, et les pages de « Il coule aussi dans tes veines » ont de quoi aimanter plus d’un lecteur.

Titre original « Never Knowing »

Tag(s) : #critiques

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