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necrologie.jpgNécrologie
Paul Cleave traduit par Fabrice Pointeau
Sonatine éditions, 2013

Théodore Tate est détective privé,  flic déchu, que ses ex-collègues du commissariat de Christchurch ne peuvent regarder sans un mélange d’effroi, d’envie et de mépris, d’inquiétude aussi. Qui sait si à sa place… ?
Un jour, un chauffard alcoolique a fauché sa femme et sa fillette sur le trottoir où elles se trouvaient. L’enfant est morte sur le coup. La mère s’est muée en zombie pétrifié, végétant dans une institution pour malades incurables. Chaque jour Tate lui porte des fleurs, et tenant sa main inerte, lui raconte ses journées. Mais que lui dire ? Que le chauffard a disparu ? Tate a fait ce qu’il fallait, le permis une fois rendu au poivrot, pour l’effacer définitivement des routes, l’empêchant à tout jamais de nuire. Si bien exécuté qu’il ne peut en être soupçonné, secrètement approuvé par les policiers, ce geste a tout de même mis Tate au ban des hommes.
Vivoter de petits boulots, tenter de résister à un alcoolisme de plus en plus prégnant. Aller voir sa femme… Voilà tout le quotidien de Tate. Son instinct de flic, aiguisé par de longues années de pratique, va pourtant l’embarquer sur les traces d’un étrange tueur de jeunes filles. Est-ce un « banal » serial killer intéressé par les blondes ? Est-ce lui qui procède à l’échange de cadavres, collant ses victimes dans les cercueils de morts récents ?
On assiste au balai de personnages touchant tous à la mort : le curé qui les bénit après avoir écouté, sa vue durant, leurs confessions peu reluisantes, le croque-mort qui a peut être bien aidé sa femme à disparaitre, les enfants des uns qui sont ceux des autres… Tate, qu’il le veuille ou non, va causer de nouvelles victimes. Pas toujours involontaires…
Il faut dire que la police de Christchurch est bien occupée dans le même temps à poursuivre le « Boucher » que nous connaissons fort bien, nous autres fidèles lecteurs de Cleave, puisqu’il est le héros de « Un employé modèle », premier roman fort réussi du même auteur. Tout comme nous connaissons bien les collègues de Tate, pour les y avoir rencontrés. Tate lui-même y apparaissait au détour d’une visite à sa femme. Car le temps de « Nécrologie » se niche quelque part dans un des replis de la première affaire que nous narrait Cleave dans ce roman au cynisme réjouissant.
Clin d’œil de l’auteur, la rencontre fortuite De Tate avec un homme souriant, son seau et son balai à la main, dans l’ascenseur du commissariat… Dont nous savons, nous, que le soir venu, bien renseigné par ses amis policiers, il rode à la recherche de ses victimes… Un gars sympa très attaché à ses poissons rouges…
Nécrologie n’a pas l’impact de « Un employé modèle » qui, à condition d’avoir ce qu’il faut de mauvais esprit, était à lui seul l’apparition d’un genre nouveau. Le « serial killer humoristique ». Certes. Il ne faut néanmoins pas bouder son plaisir. Même sans voir lu les précédents romans du même auteur, on peut trouver de l’intérêt aux mésaventures de ce malheureux Tate, condamné à devoir prendre tous les risques pour résoudre une affaire avant que ses ex collègues ne mettent le nez dans ses vilains petits secrets. 

 

 

 

Tag(s) : #critiques

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