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nuit-accident.jpgLa Nuit de l’Accident
Elisa Vix
Editions du Rouergue 2012


Avec sa Nuit de l’Accident, Elisa Vix nous emmène au fin fond du Cantal, dans une balade campagnarde qui devrait être bucolique, mais s’avère finalement tout autre chose.
Presque bucolique, donc. La nature est belle, la petite rivière Célé chante, la chaleur fait coller le maillot de corps. Les vaches…meuglent et sentent la vache. Mais les tensions couvent comme des nuages d’orage et promettent de sacrées perturbations, et pas seulement météo.
Pierre est cultivateur. Un taiseux qui n’en croit toujours pas chance d’avoir mis dans son lit la charmante Nat, vétérinaire. Mais la romance a déjà deux ans. Au moment où l’auteure nous fait entrer dans l’histoire du couple, l’absence de communication leur a déjà à peu près ôté toute chance de durer. Même les récents événements ne suffisent pas à les faire se parler.
Deux semaines plus tôt, au milieu de la nuit, une voiture a quitté la route et prolongé sa  trajectoire jusque dans un creux profond de la petite rivière qui coule dans les champs de Pierre. Les gendarmes, au petit matin, n’ont pu que constater la mort du conducteur. Quelques jours plus tard, la vieille chienne de Pierre, bête fidèle,  est retrouvée égorgée, suspendue à sa porte…
Y a-t-il un rapport entre ces incidents et la présence du campeur insolent qui, installé sans vergogne dans un de ses prés,  s’en vient rôder sur les terres de Pierre et autour de sa femme ? Le cultivateur va défendre âprement… sa femme ou sa ferme ?
Une chose est certaine : on peut préférer parler aux vaches plutôt qu’aux humains, cela n’empêche pas de penser, de sentir, ou d’aimer…et les attachements ne sont que plus violents de ne pas être exprimés.


Elisa Vix nous tricote ici une intrigue qui vaut plus par une connaissance indiscutable du milieu rural, une évidente indulgence pour ses populations exposées aux rudesses de la nature, que par l’énigme elle-même qui se laisse toutefois douillettement parcourir. Sa peinture du Cantal est parfumée à l’odeur des foins coupés et du fumier. Nul besoin pourtant d’être né à la ferme pour être sensible à ses personnages, et à l’ambiance campagnarde.
Tous les polars n’ont pas pour décor les banlieues déshéritées. Tous les meurtres ne se réduisent pas à des règlements de compte entre bande ou à des bavures policières. Derrière le vert des champs de luzerne, des passions terribles peuvent se cacher, drames que nous rappelle l’auteure, véto dans le civil.


Tag(s) : #critiques

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