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Karin Slaughter, traduite par François Rosso

Thriller, Grasset 2012


Karin Slauhgter avait clos « Irréparable », dernier opus d’une série réunissant ses héros depuis un moment, par la mort de Jeffrey Toliver, sheriff en Georgie. Elle mettait ainsi un point final aux aventures du policier et de sa femme, Sara Linton, pédiatre et médecin légiste. Dans « Génésis », on retrouve la belle Sara, ravagée de douleur, sa vie figée dans un deuil dont elle ne réussit pas à s’extraire. Elle travaille dorénavant aux urgences de l’hôpital public d’Atlanta.
Les lecteurs de Karin Slaughter connaissent bien aussi Will Trent et Faith Mitchell. Ces deux-là enquêtent depuis un bout de temps ensemble pour le compte de la police de l’état de Georgie, duo bancale. Lui, atteint de dyslexie profonde, ne sait pas vraiment lire. Quant à elle, elle paraît plus macho que toute la police d’Atlanta réunie. Ce qui ne semble pas peu dire, au passage.
Voilà donc la réunion de héros appartenant à deux séries distinctes, dont on se dit qu’ils ont de l’avenir ensemble. Une acrobatie littéraire nommée outre atlantique « cross over ».

Je ne vais pas dévoiler toute l’intrigue : le lecteur est face à une enquête sur les agissements d’un serial killer, totalement malade, qui affame et torture des femmes. Rien que des femmes, belles, riches et…garces. De façon intéressante, celles qui seront sauvées n’auront pas un mot aimable pour les flics.
Au cours du roman, on n’assiste pas aux mauvais traitements que le bourreau inflige à ses victimes. Sans doute était-il hors de portée d’un être normal de décrire ce qui échappe à l’entendement. A défaut de décrire ces séances au-delà de l’imagination, Karin Slaughter liste les innombrables dommages que les médecins tentent de réparer ou dont le légiste fait le compte, après… quand il y a un après. Car pour une victime trouvée vivante, il y a celles qu’on retrouve mortes. Mais combien ont disparu ?

L’intérêt de ce roman vaut bien plus, de mon point de vue, par la richesse des personnages coincés dans leur introspection : les interrogations de Faith sur sa maladie, les difficultés de Will avec sa femme destructrice, le chagrin envahissant de Sara. Quant aux relations qui les (des)unissent, leur dynamique est puissante, captivante.

On se doute bien que les méchants seront arrêtés. Mais, ce ne sera pas sans dégâts pour tout le monde, police, famille, entourage.

Stéphane Bourgoin, spécialiste français des tueurs en série, souligne que la fiction créée par Karin Slaughter s’appuie sur la réalité. Ou plutôt sur des réalités, l’auteure s’étant inspirée des méfaits réels de divers assassins en série.
De quoi rendre plus inquiétant un roman qu’on préférerait né d’une imagination morbide et délirante. C’est aussi Stéphane Bourgoin qui raconte comment, petite fille, Karin Slaughter a vécu la disparition de dizaines d’enfants noirs dans les écoles de sa région, entraînant une sourde inquiétude, peut-être calmée par l’écriture ?
Enfin, comme précédemment avec la sortie en poche de « Pas de Pitié pour Martin » qui m’avait fait beaucoup sourire, j’encourage à suivre une auteure qui s’engage en soutenant la lecture publique. On trouveraici le lien qui renvoie à ses actions militantes pour la bonne cause.

Tag(s) : #critiques

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