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Mes Chers Voisins

De Alex de la Iglesia

2001

 

Madrid, centre ville. Le film commence par la découverte enthousiaste d’un appartement meublé, prêt à l’usage comme si son occupant venait de le quitter pour aller acheter des allumettes. Julia, l’agent immobilier jouée par Carmen Maura, décide d’y passer une nuit dans le luxe, elle qui galère avec un mari minable. Cela tourne mal, le minable dégage, les cafards tombent du plafond. C’est qu’au-dessus un vieux est mort depuis un moment. Mort, séquestré par tous les habitants de l’immeuble qui voulaient récupérer le magot : trois cents millions de pesetas gagnés au loto sportif.

Julia va découvrir à la fois le magot et la « communauté » dont la solidarité criminelle va progressivement éclater, révélant les appétits les plus fous. Folie qui trouve son origine dans la montagne de fric qui empoisonne les esprits.

Julia se bat alors comme une lionne enragée pour garder l’argent et changer de vie.

De la Iglesia a pris tous les ingrédients des films policiers : héroïne blonde et gironde aux ongles laqués, suspens, poursuite, scènes sanglantes, mais glisse le curseur un peu plus loin, un peu trop loin à chaque scène au point de susciter un rire horrifié.

Jubilatoire pour qui ne répugne pas au cynisme et apprécie l’humour noir, c’est aussi un film d’érudition. On peut ainsi jouer à retrouver des scènes célèbres, comme la finale, qui n’est pas sans rappeler « La Mort aux Trousses » et le combat sur le mont Rushmore. Ici c’est Madrid et ses toits.

L’actrice principale est pour beaucoup dans la réussite de ce film. Formidable Carmen Maura ! Tendre, cupide, désespérée, forte, dotée d’une énergie incroyable, elle porte la réussite de cette « horrible comédie ».  .

Pour mieux comprendre la tonalité de ce film, qui a reçu des « Goyas » en pagaille, il suffit de savoir que Almodovar a offert son soutien à Alex de la Iglesia, et on sent bien leur fraternité cinéphilique. Pas de hasard donc dans le choix de l’actrice, souvent présente dans les films d’Almodovar. Mais il y a aussi du cinéma réaliste italien dans « Mes chers Voisins ». J’ai vu un « Affreux, sales et méchants » sauce movida dans cette impitoyable galerie de portraits.

Le réalisateur a reçu le prix du jury en 2001 au festival du film de Cognac..

 

Ne pas se refuser le plaisir de la bande annonce !

 

 

Tag(s) : #critiques

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