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le-tireur.jpgLe tireur
Glendon Swarthout, traduit par Laura Derajinski
Editions Gallmeister – collection totem – 2012

El Paso, au bord du Rio Grande. Ultime étape en 1901 de John Bernard Brooks, dernier des grands tireurs de la légende du Far West. Cet homme a fait tant de victimes qu’il en a perdu le compte. Sa précision est légendaire mais… déjà vieillissant, le voici à présent mourant. Un cancer lui ronge les tripes.
Où aller pour vivre dignement, autant que faire se peut ses derniers jours ? Brooks aurait voulu le secret…mais celui s’évente instantanément. Vont défiler dans la chambre où il s’est claquemuré : un barbier, un croque mort, un journaliste. Avec un cynisme extraordinaire le premier veut revendre les cheveux coupés, le second se faire de la pub comme fournisseur de sa pierre tombale, le dernier recueillir un témoignage direct sur sa vie tant qu’il en est encore temps. Jusqu’à une ancienne maîtresse qui rêve de se faire épouser pour monnayer son nom…L’action du roman se situe à la charnière du XIXème siècle, quand la « civilisation » atteint l’Ouest. Les premiers tramways tractés par des mules grincent dans les rues, l’électricité fait son apparition dans les maisons.

Mais la mort n’a pas d’âge. Le jour ou Brooks se voit certifié que la sienne est proche, il achète un journal. Il décide d’en lire chaque mot afin de savoir tout ce qui s’est passé dans le monde le jour où tout bascule pour lui. « Un jour sacrément important ».
Ce héros vieillissant ne va pas s’attarder à survivre. Il gère sa mort comme on prépare un voyage. Décide de tout, pour partir l’esprit tranquille. Et en particulier, de régler quelques problèmes… à sa façon.
Ecrit en 1975, le roman a été presque immédiatement adapté comme six des précédents westerns de Swarthout, réputé grand spécialiste de l’Ouest sauvage. Ce film, c’est « Le dernier des Géants » réalisé par Don Siegel en 1976.  Le cow-boy vieillissant y est joué par John Wayne dont c’est l’ultime rôle tandis que Mrs Bond, la logeuse,  est incarnée par Lauren Bacall.
Le tireur (The Shootist) est une fiction crépusculaire. Fin d’un homme, fin d’une époque. Fin d’un acteur… Pourtant, il reste intensément moderne dans sa façon d’envisager la mort, sans amertume bien qu’avec un réalisme terrible, c’est un fruit doux amer qui développe une saveur étonnante.
Il nous est proposé ici par Gallmeister dans une nouvelle traduction qui ressuscite à merveille l’époque.


Tag(s) : #critiques

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