Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Merci pour les fruits de mer

Jean Hennegé

Pascal Galodé éditeurs, 2011

 

mercipourlesfuitsdemer.jpgEst-on propriétaire d’un chat ou propriété du chat qui squatte votre appartement ? C’est la question que se pose Boris, le héros, au début de ce roman dôle et décalé ce qu’il faut, parfois grave, et tout du long, soutenu par un rythme et des rebondissements improbables.

 

 Boris Ivory, pigiste hypocondriaque et célibataire par obligation est le souffre-douleur préféré d’un chat qu’il nourrit de beignets vapeur à la crevette. Ce qui n’empêche pas le félin de chasser, ramenant des proies à moitié dévorées qu’il dépose dans le lavabo de la salle de bain. Offrande ou marquage de territoire ? Le journaliste pénètre chaque matin dans la pièce avec inquiétude, un sac poubelle dans une main, de l’eau de javel dans l’autre. Un jour, le pire est dépassé : après les oiseaux, les souris, voici des restes humains.

 

Son histoire invraisemblable va lui attirer l’attention peu agréable de la police, mais lui permettre de rencontrer une jeune lieutenant pour laquelle il va totalement craquer. Mais on n’en est qu’au début d’une suite d’évènement loufoques et foutraques, pourtant fort bien orchestrés par un auteur doté d’un sacré sens de l’humour…

 

Le roman est composé de trois parties qui pourraient être indépendantes, et l’étrange déconvenue qu’on rencontre à la fin de la première partie s’achevant en queue de poisson, se trouve largement compensée par la découverte ultérieure qu’on s’est bien fait balader.

 

Pour un premier roman, Hennegé se permet une désinvolture élégante, prenant ses lecteurs à contre pieds, capable de leur servir un paragraphe gastronomique, suivi d’une scène de crime, relayé elle-même par une baston, puis une scène tendre et tout ça moins de pages qu’il en faut à d’autres pour camper leur énième serial killer.

 

Chez Galodé, on édite Buan, doté d’un sens extrême de la dérision, dont les héros s’approchent d’un San Antonio.

 

Aujourd’hui, avec Hennegé, cette maison d’édition prouve derechef que le sens de l’humour et la légèreté se marient à merveille avec le polar, au même titre que la gravité ou leplateau-fuits-de-mer.jpg suspens, et que d’ailleurs, ceci n’empêche pas cela. Suis-je claire ? Hmm ?

 

Personnellement, je reprendrai bien un peu de fruits de mer, et le vin blanc qui va avec…

 

 

 

18 €, 182 pages

 

Tag(s) : #critiques

Partager cet article

Repost 0