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muraille-laveLa muraille de lave
Arnaldur Indridason traduit par Eric Boury
Métailié noir, 2012

Une sortie d’Indridason semblait la promesse de retrouver Erlendur, son héros dépressif et fasciné par les disparitions que la montagne a coutume de réserver aux imprudents pris par les intempéries islandaises.
Ce n’est pas le cas dans « La Muraille de Lave ». Ici, c’est Sigurdur Oli, qu’on a déjà vu fonctionner à titre d’adjoint du héros habituel, que l’on suit.  Il prend les commandes d’une enquête qui, d’abord personnelle et supposément facile, va tourner au drame. Une jeune femme aux mœurs libres tente, semble-t-il, de se faire de l’argent avec des clichés compromettants. Sigurdur se laisse convaincre par un ami d’aller lui conseiller d’abandonner ses tentatives de chantage. Il n’est pas le premier sur les lieux qu’il trouve dévastés, la jeune femme estourbie pour le compte, avant d’être lui-même assommé.
Hélas pour nous, Erlendur est absent. Absence qui n’est pas sans mystère, puisque personne ne sait où le trouver, que sa fille le cherche sans succès. Est-il à son tour parti se perdre sur des flancs montagneux ? Or, Oli, son adjoint sur lequel ce centre ce titre, est un type antipathique. Un héros négatif, un admirateur inconditionnel de « l’ american way of life », raciste, se délectant à insulter les petits délinquants quand ils sont en situation d’infériorité. La seule touche d’humanité qui reste au flic consiste en sa recherche pour restaurer ses liens avec sa femme qui l’a quitté…
On a le rythme lent des enquêtes nordiques. Les relations pour nous exotiques entre population et police. On a la météo, la ville côtière, les montagnes et leurs volcans en fond. On a surtout, et c’est selon moi, l’intérêt principal du livre, les prémisses de la crise financière qui a laissé ce pays exsangue. La société islandaise est ici saisie dans un instantané qui serait celui du dernier pas vers le gouffre de la banqueroute. La folie de l’endettement et de la consommation a saisi les islandais, faisant prendre à certains des postures de « vikings » qui couteront à tous, cher, très cher et qui n’est pas pour rien dans les dérèglements individuels exposés ici.
Indridason arrive, en fin de compte, à nous intéresser, presque malgré nous, à cette enquête, à laquelle s’ajoute parallèlement les interrogations d’Oli sur le personnage d’un semi-clochard, homme brisé par les mauvais traitements connus dans enfance, victime autrefois d’abus sexuels.
On attend avec impatience le retour d’Erlendur, qui, tout dépressif qu’il soit, reste plus positif que son adjoint.


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