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Paul Cleave,

employe_modele_couv.jpgUn employé modèle,

423 pages, éditions Sonatines

Traduit par Benjamin Legrand

 

Jo-E, est un pauvre type très lent d’esprit, chargé du ménage dans les bureaux du commissariat central d’Auckland, Nouvelle Zélande. A la limite de la débilité, Joe traine seaux et balais à la remorque, passant inaperçu dans les locaux où depuis des mois il a intégré le paysage. Dans la mallette fétiche qui amuse tant les inspecteurs paternant le pauvre débile, il y a tout ce qu’il faut pour découper, trancher, torturer, et menacer afin de violer en paix le soir venu.

C’est que Joe n’est pas n’importe qui. La presse l’a en effet surnommé « Le boucher de Cristchurch ». Contrefaire l’idiot n’est pas un mince boulot, et cela lui demande beaucoup d’efforts. Si pour autant vous pensez que Paul Cleave va vous asséner les clichés du tueur en série génial, esprit du mal incarné, alors détrompez-vous. Ce qui est drôle, cruellement drôle, c’est que non, Joe n’est pas idiot. Il est tout simplement fou. Ses relations avec sa mère relèvent de la bagarre épique, et il est presque impossible de déterminer si Joe a tué ou non son père, puisqu’on le voit rater successivement sa mère de bien des façons Paul-Cleave.jpgperverses. Il entretient une relation privilégiée aves ses poissons rouges, et pense rééquilibrer le monde en sauvant un chat écrasé juste après avoir massacré une malheureuse.

Comment et pourquoi Joe va trouver sur son chemin un flic psychopathe et assassin, et sans doute son maitre en matière de cruauté en la personne d’une brune ravageuse à souhait… Je ne dévoilerai rien ! Mention particulière pour la scène insensée d’écrabouillage de couille gauche !

C’est le premier roman de Paul Cleave. Bien sur, on retrouve dans « Un Employé Modèle » des leçons trop bien apprises, mais aux meilleures sources – plume de spécialistes mondiaux comme Stéphane Bourgoin – mais le personnage central est traité avec un humour macabre très rafraichissant en ces temps de canicule (après tout, à Auckland, janvier c’est l’été).

Si ce premier roman en augure d’autres, améliorés par le temps et le talent, alors Paul Cleave est un nom à surveiller.

Décidément, chez Sonatines, on a le goût très sur !

Tag(s) : #critiques

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