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corese-a-lille-copie-1.jpgUn Corse à Lille
Eléna Piacentini
Ravet-Anceau, 2008

Le Corse est commissaire. Il s’appelle Pierre-Arsène Leoni. Ce grand garçon de quarante et un ans vit avec sa grand-mère, petite, noiraude affectueuse et perpétuelle inquiète. Elle est du genre cuisinière dans l’âme, s’incarnant dans la croquette savoureuse, la « brousse » parfumée, le fricot aux châtaignes, jamais plus heureuse que lorsqu’elle doit nourrir une grande tablée.
Et c’est bien ce qui définit le roman. Serial killer, snuff movies, pédophilie… Tous les écueils de la grosse cavalerie étaient là. Mais le traitement que leur applique Eléna Piacentini sauve ce premier roman de la banalité la plus ordinaire.
La mamie du commissaire lui parle en patois. A la « Renaissance », bonne adresse lilloise, ça sent bon le pavé au maroilles ou la frites croustillante. Et puis, si les putes rodent sur le boulevard du Peuple, sur leurs gardes car il s’en passe de belles, l’une d’entre elles, cachées derrière son rouge à lèvres et ses cuissardes est un flic en planque. La figurante, policière stagiaire, file le parfait amour avec un gentil enquêteur, séducteur patenté que la romance remet dans le droit chemin. Il y a aussi un prêtre défroqué, un consultant fou, un survivant de la torture en Algérie…On plonge avec intérêt dans les coulisses des boites de « Consulting », celles qui sont censées améliorer les managers.
Ce sont ces personnages, leurs relations, l’amour profond de la vie et de ses plaisirs qui font le charme de ce roman. S’y mêlent savamment, dans un rythme souple, deux enquêtes qui bousculent une équipe petite soudée dont l’amitié est un ciment en construction dans ce premier opus des aventures du commissaire Leoni.


Tag(s) : #critiques

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