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« Litte Bird »

Ed Gallmeister, 409 pages 23.90 €

« Le Camp des morts »

Ed Gallmeister ,310 pages, 23.50 €

 

Le shérif du comté d’Absaroka, Walt Longmire, ne court plus très vite parce qu’à plus de cinquante ans, la mauvaise little_bird.jpgnourriture aidant, il a pris du poids.

Il connaît chacun des administrés de sa petite communauté de Durant, Wyoming, indiens compris. Son territoire englobe en effet une réserve importante, située sur les contreforts d’un massif rocheux.

Veuf, bougon, tenté par la retraite, doté d’une spiritualité limitée à la vente dominicale de gâteaux, Walt Longmire est pourtant dotée d’une sensibilité capable de percevoir l’imbrication de la religion indienne avec la nature, dont la poésie puissante berce ses instants.

Ce qui n’empêche qu’à Durant, les armes sont monnaie courante. Accrochées dans les pick-ups ou les fermes, destinées à la chasse, parfois hantées. Celle de Walt Longmire le gène souvent et il s’efforce alors de tirer sa veste par-dessus. Mais c’est l’Amérique, et que serait un shérif sans son flingue ?

Héros imparfait materné par les femmes, paterné par l’ancien sherif, Walt Longmire sait écouter les tambours indiens qui résonnent dans les tempêtes de neige.

 

Craig Johson, au travers d’une écriture simple, raconte à merveille la nature sauvage, l’habitat dispersé de la middle class blanche, la pauvreté de la réserve. Ses dialogues ont tout d’une partition musicale, capables de dépeindre une palette infinie de sentiments. Cela ne l’empêche pas de conjuguer les non dits racontant les relations tendues entre les communautés, mais aussi l’amitié, le désir, la solitude.

 

Peintre de la nature grandiose, chantre des liens humains, Craig Johson épate par une simplicité éclatante comme un champ de neige. Ce style tout en discrétion est mis au service d’histoires dont le fil court comme une rivière montagneuse, serpentant entre les rochers, avec des accélérations et des pauses imprévues.

 

Si les deux livres sont en théorie indépendants l’un de l’autre, il y a un intérêt à commencer par le premier, « Little camp_morts.jpgBird ». On saura mieux ainsi pourquoi l’oreille droite de Walt est importante, ou pourquoi une sorte de chien monstrueux dénué de nom est son chien, sans l’être, et le suit partout.

 

Craig Johnson a reçu le prix Bibliobs du meilleur roman 2010 pour « Little Bird ». Il est nominé au prix 813  pour « le Camp des Morts ». Cet amoureux de la littérature, y compris française, mérite bien ces hommages qu’il accueille avec une simplicité et une joie sympathiques.

craig-johnson okOn fera plus amplement sa connaissance sur l’article bibliObs qui lui est consacré. Ne pas se priver de l’interview sous titrée.

Une fois de plus Gallmeister édite, pour notre plus grand bonheur, un auteur qui offre l’idée d’une Amérique des gens ordinaires, qu’on peut apprécier sans restriction.

 

Tag(s) : #critiques

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