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Inconsolables sorcières

Jan Thirion

Collection Zones d’ombre, Asgard éditions, 2011

Franz Dieu, au nom improbable, est toujours flic à Toulouse. La ville, qui n’en finit pas de se remettre de l’explosion AZF, se décline plutôt en noir qu’en rose. Les gangs s’affrontent sur le terrain, chacun souhaitant étendre son territoire au travers d’affrontements sporadiques aussi meurtriers qu’absurdes.

inconsolables-sorcieres.jpgDans ce grand merdier urbain, comme ailleurs, les salauds ont la vie belle. Il y a les harceleurs agissant en toute impunité, les pédophiles tranquilles qui commettent leurs saletés dans le cadre familial, et les victimes sans recours. Presque sans recours, car un site héberge, sous pseudo, leurs plaintes désespérées.

Sous la perruque qui le fait ressembler à sa mère, et sur un air chanté par Anne Vanderlove, Xavier Poumon, incarnant « Catawoman », va venger les faibles et les impuissants. Faire le ménage, éradiquer la mauvaise graine…

Il y a le style Thirion, fantaisie poignante, œil sombre, humour abrasif. L’histoire pleine de sonnet de Shakesperare. Des personnages forts et fragiles à la fois, les dialogues entre ellipse meurtrière et plaisanterie épaisse.

Après « Dieu veille Toulouse », on a grand plaisir à retrouver la plume vive et imaginative de Jan Thirion.

 

Les plus gros défauts de ce roman sont de toute évidence son titre et sa couverture. Sur le coup, j’ai cru à une erreur d’aiguillage, comme il en arrive parfois. Un roman pour grand ado, une histoire de vampires, tombé de façon hasardeuse dans ma boite aux lettres ? Certes, le revolver braqué induit un doute, mais il m’a fallu réellement surmonter une répugnance pour en ouvrir les pages. J’y étais fortement invitée par le nom de l’auteur, et j’ai bien fait de m’en remettre à ma curiosité, Thirion faisant en effet partie de ces rares auteurs au style fortement identifiable, malgré une exceptionnelle capacité à se renouveler.jan-thirion-1.jpg

Derrière la couverture repoussoir, un roman qui réalise quasiment un exploit : frôler de près l’absurde tout en offrant une peinture très noire et assez réaliste de l’époque.

Une capture de l’esprit du temps avec un ton très personnel.

 

 

 
Tag(s) : #critiques

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