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cou top 100L’article qui suit, consacré à « Dans la brume électrique avec les confédérés » est paru dans le numéro 108 de la revue « 813 ». Il en va de même pour les deux articles qui précèdent, sur le « Mr Ripley » de Patricia Highsmith et sur « Le Couperet » de Donald Westlake.

« 813 » ainsi nommé à cause du roman éponyme de Maurice Leblanc, rassemble nombre de joyeux fêlés, tous amateurs de littératureS policièreS. Les « S » ne sont pas dûs au hasard. Il y a une palette infinie de « polar ». Pour ma part, ma préférence va aux romans noirs, à ceux où l’enquête, les péripéties policières sont secondaires. Encore leur faut-il, pour m’intéresser, la solidité du paysage à l’entour. Comme ici, avec Burke, quand il nous offre une peinture extrêmement personnelle et quasi amoureuse du bayou, de son bayou, avant que les immondices de BP ne le ravagent. Mais cela peut être le paysage humain et psychologique, comme dans « M Ripley », ou humain et social dans « le Couperet ». Humain, en tout état de cause.

813, donc, s’intéresse exclusivement à un genre qui m’est cher, et il fallait bien, un jour ou l’autre que nos destinées se rencontrassent. Je recommande, à tout amateur, un tour sur leur site bourré d’informations sur les parutions, les festivals, les signatures et autres événements : films, séries. Chacun y trouve son compte.

Quant au numéro 108, il est né de l’idée de demander à ces passionnés le top 100 de leurs auteurs de romans. Érudite et documentée, chaleureuse et vivante, la revue ne peut que donner envie de tourner, encore et encore, des pages de livres, de nouveaux livres.

 

Dans la brume électrique avec les morts confédérés.

James Lee Burkedans-la-brume-electrique-livre-copie-1.jpg

USA 92  Rivages / noir 1995

 

Le prix de la peau...

 

Dave Robichaux. Alcoolo repenti, jamais guéri de sa guerre au Viet-Nam. Shériff de la paroisse d’Ibéria, état de Louisiane.

Est-ce son passé dans les tunnels viet-congs ? Ses souvenirs de delirium tremens ? Robicheaux ne recule pas quand un acteur d’Hollywood, perdu dans la super production qui se tourne à Ibéria lui annonce qu’il a trouvé un corps. La quasi-momie ne surprend pas Dave. Il l’a vue mourir, de loin, 37 ans plus tôt, dans les marais. Si personne ne s’en est jamais préoccupé, c’est que la vie n’a pas le même prix selon la couleur de la peau.

Robicheaux n’arrive pas à se détacher des images d’autrefois. Ni de celles du présent, alors qu’un cinglé découpe des filles en morceaux, pauvres filles, ramassées dans les refuges pour fugueuses, les gares routières et les bouges.

Son enquête va le conduire à indisposer la mafia, à prendre des risques tels que son enfant est enlevée. Robicheaux rebelle, suspendu car il s’obstine à asticoter les notables avec ses histoires dérangeantes. Mais le passé ne meurt jamais.

Dans son sommeil, dans son inconscience, mais aussi bien souvent alors qu’il est éveillé, Robicheaux voit les confédérés à l’heure de leur dernier combat et mène avec un général unijambiste une conversation qui pourrait être la voix de sa conscience.

L’intrigue est forte, dense, se déroulant simultanément sur plusieurs niveaux de conscience et d’époque alors que le temps de l’enquête court sur quelques jours seulement. J.L Burke nous régale de plus,comme dans toute la série Robicheaux –9 autres romans- avec ses descriptions du bayou. Fleurs, odeurs, animaux sauvages, météo… les nuages comme personnages permanents.

L’implicite est souvent convoqué, le lecteur doit faire l’effort d’accueillir dialogues et situations comme ilsdans-la-brume-electrique-42343.jpg arrivent. Il entendra la musique cajun, les accents, respirera l’odeur de la peau noire exténuée et des feux de bois.

Un film de B. Tavernier été tiré du roman : même titre, avec Tommy Lee Jones dans le rôle titre.

J'oserai, j'oserai ajouter que pour ma part, le film manque de la subtilité et de la finesse du roman...

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