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conversation-tueurs.jpgMes conversations avec les tueurs
Stéphane Bourgoin
Editions Grasset, 2012

Stéphane Bourgoin, pour ceux qui l’ignoreraient encore, est LE monsieur serial killers français. Il en a déjà rencontré plus de soixante-dix. Dans leurs prisons, bien sur, sinon il ne serait pas là pour nous en parler…Aux Etats-Unis, surtout, mais aussi en Afrique de Sud, et partout où cette étrange pathologie faits ses ravages.
Pour ceux qui suivent les activités du plus étrange de nos libraires, le seul sans doute à être doté d’un permis de port d’arme, rien de bien nouveau dans les faits relatés dans ce livre. On a en effet pu voir il y a déjà un certain temps les vidéos de ses entretiens avec les tueurs dont il nous parle ici : en particulier avec Gerard Schaefer. Bourgoin nous dit qu’il a éprouvé, à rencontrer ce dernier, la certitude d’être devant le mal absolu.
Ce livre n’a donc pas pour objet de nous narrer les méfaits, déjà connus, de Elmer Wayne Henley, Gerard Schaefer, William Whalen, ou Donald Harvey… Si Stéphane Bourgoin les rappelle, il les intègre dans un tableau plus large qui est celui de la genèse de leur folie, mais aussi du récit des enquêteurs qui les ont poursuivis, arrêtés, et souvent écoutés au moment de leur arrestation.
Dans les documentaires montés et vus en France, Stéphane Bourgoin affecte toujours la parfaite neutralité du journaliste. Il est l’enquêteur qui cherche à faire parler, et en général y arrive, des hommes qui se sont souvent réfugiés dans le déni de leurs crimes. Peut-on espérer que ce déni survienne parce qu’eux-mêmes sont convaincus de leur atrocité ?
Ici, Bourgoin se livre. Un peu… Car s’il nous dit qu’il est stressé, qu’il a froid, que son dos se bloque devant la gourmandise de Schaeffer se passant la langue sur les lèvres quand il parle de ces meurtres qu’on lui prête… on n’en saura finalement pas beaucoup plus.
On ne saura pas pourquoi l’homme continue, trente ans après, à s’entretenir avec ceux qu’il se refuse à qualifier de monstres, comment il peut continuer à vivre malgré ce bain d’horreur permanent, ni ce qu’il pense du fait qu’ils sont souvent devenus les héros d’une société folle. Bourgoin ne lève qu’un tout petit coin du voile, et si l’ensemble est passionnant, il n’en demeure pas moins légèrement frustrant.

Ames sensibles, passez votre chemin



Tag(s) : #critiques

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