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la-france-tranquille-1.jpgLa France Tranquille

Olivier Bordaçarre

Fayard Noir, septembre 2011

 

Le héros de « la France Tranquille » est un gros gendarme  à la cervelle empâtée par la tristesse d’un divorce et la banalité de son existence dans une ville terne et sans histoire. Il se console en se faisant des tartines de rillettes, en se gavant de pâtisseries, en s’arrosant la glotte de sodas et autres boissons sucrées.

Notre commandant Garand est aussi le père aimant mais néanmoins insatisfait d’un dadais de vingt-cinq ans truffant ses phrases d’anglicismes plus ou moins approchants. Insatisfait, car ils ne savent, ni l’un ni l’autre, se dire leur amour.

Bordaçarre, l’auteur, balance tout ce monde étriqué dans une histoire aussi peu crédible que possible de tueur détestant les paresseux. Le boulimique commandant Garand voudrait bien siffler la fin du jeu, mais est-ce en son pouvoir ?

Tout le sel du roman repose dans les portraits : portait d’une France plus profonde que tranquille, d’un conseil municipal à la chasse aux voix, de commerçants à la chasse aux clients, d’une jeunesse à la chasse aux distractions et de cinglés à la chasse aux étrangers.

La série de crimes va jeter cette faune dans le bouillon de la panique, faire rappliquer les autorités, la presse, et déchainer les passions haineuses couvant sous la surface lisse d’un quotidien écrabouillé par la crise.

Nogent, ville tranquille et sans charme, va se transformer en camp retranché, saturé de caméras de vidéo surveillance, quadrillé par les patrouilles armées de citoyens bas du front et de forces de l’ordre débordées.

Nogent c’est ici, c’est partout. Certes, Bordaçarre force le trait. Certes, on détecte parfois comme des remugles de « Affreux, sales et méchants » , mais, et si… Et si ?

Suis-je si certaine que ma ville résisterait à cette contamination nauséabonde ? Et vous ? Etes vous surs que vos concitoyens ne basculeraient pas dans la paranoïa armée ?

De ce roman retentit comme un crissement désagréable d’ongles sur un tableau noir. On voudrait croire à l’exagération littéraire… puis on se souvient de Lépanges sur Vologne, et son corbeau, de ratonnades et de lynchages de SDF.

Et vous ? Ajouterez-vous un verrou à votre porte si... ?

Tag(s) : #critiques

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