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Comme de longs échos
Elena Piacentini

Fleuve Noir 2017


Je l’ai écrit il y a peu pour le dernier roman de Paul Colize : les auteurs capables de se renouveler et le font élégamment et puissamment, ne sont pas légion. Elena Piacentini appartient à cette élite.
Au moment où les éditions au-delà du raisonnable rééditent le premier opus des aventures du commissaire Leoni, Un Corse à Lille, découvrons donc cette nouveauté chez Fleuve.
À la DIPJ de Lille le branlebas est total. Une femme assassinée, un bébé disparu, un père en état de choc. C’est le compte à rebours qui met les flics sur les dents.  Retrouver l’enfant avant que le pire arrive.
Dans ses Pyrénées lointaines, un ancien flic sursaute. Cette affaire reproduit étonnamment celle qui, vingt ans auparavant, lui a fait quitter son métier de policier. 
Bien sur, il y a le suspens. La procédure, les recherches, le dépouillement des vies, les découvertes, les fausses pistes. À tout cela, rien à dire. Du bel ouvrage, sérieux. Piacentini est un maçon consciencieux qui monte des murs solides. Mais c’est dans les relations entre les personnages, les personnalités, la richesse des échanges affectifs que se situe la réussite qui fait que la dernière page se tourne à regret. On s’est fait des amis, on a envie de continuer à prendre le café avec eux, de discuter du temps qui passe, de regarder certains s’effleurer la main en signe d’amitié amoureuse. C’est aussi grâce à l’extrême attention aux détails signifiants qu’on  doit à l’auteure de si bien s’identifier aux personnages : leurs phobies à certaines odeurs, leur petits arrangements avec la tristesse, leurs utopies merveilleuses.
On a quitté le groupe Leoni et sa Mémé, mais on s’est fait d’autres amis dans une belle galerie pleine de gens qu’on voudrait connaître en vrai.
Ce groupe est forcément appelé à mener d’autres enquêtes qu’on attend d’ores et déjà avec impatience.

Merci Madame Piacentini. Vous êtes une belle figure du polar français contemporain. Je gage qua dans quelques années, quand on regardera ce qui se faisait dans les années 2010, Piacentini sera forcément citée.

A paraitre sous peu

 

Tag(s) : #critiques

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