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Le directeur n’aime pas les cadavres
Rafael Menjivar Ochoa
traduit par Thierry Davo
Quidam éditeur 2017 / Les âmes noires


Aaahh : soupir d’aise. Par quoi commencer ? L’ambiance ? L’exotisme d’une Amérique du Sud fantasmatique ? La dinguerie des relations familiales ?
Non, le plus simple, normal, serait de commencer par le début ! Mais l’exercice n’est pas facile. Commençons donc par ce directeur qui n’aime pas les cadavres – car si certains personnages ne vont pas jusqu’à aimer, cela ne les dérange pas plus que ça, les cadavres s’entassant sans retenue au sein de ce court roman de 163 pages. Donc, vous expliquera la reine de la digression, le directeur est le père du narrateur : Directeur de Presse (avec les majuscules de rigueur) monarque absolu, magouilleur politique de première, père étrange, mari bizarre…
Le narrateur est revenu d’une longue absence dont on comprend qu’elle n’est pas étrangère à la difficulté de ses relations avec ce père hors norme. Sans vraiment se préparer à prendre la succession du patron de presse, visiblement au bout du rouleau, voici ce fils prodigue associé aux histoires glauques qui concourent aux relations police – presse – politique dans une ville mexicaine non spécifiée.
Il y a du Garcia-Marquez dans l’écriture. Non, pas la peine de protester, je le pense réellement. Du, pas tout… Mais peut-être est-ce cette façon de ne jamais tout donner au lecteur ? de l’engluer petit à petit dans le pathos d’une âme sud-américaine qui baigne dans la mort ? sans toutefois s’en alarmer puisque la mort est intégrée dans la vie ?
Il y a, oui,  une certaine poésie dans la narration d’un amour impossible qu’il soit paternel ou filial, dans les étranges relations que les membres d’une famille peuvent entretenir.
À consommer sans modération, ce roman appartenant à un cycle de cinq ouvrages sur le thème de la vie politique selon Ochoa, trop tôt disparu.

 

 

Tag(s) : #critiques

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