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Accidents
Olivier Bordaçarre

Phébus 2016

Souvent Homme varie, bien folle qui s’y fie… Et quand folle vraiment on est, les variations du désir masculin rendent encore plus folle. Ainsi en va-t-il de Rebecca qui n’a que deux modes de fonctionnement : On et Off… Dans le On elle est au plus sombre du plus terrible, on va dans les profondeurs du déni, de la haine, dans le Off elle court à l’incendie, à la débauche sans frein. Sergi, peintre au talent peinant à se faire reconnaitre mais avançant tranquillement sur son chemin d’art, va en faire les frais car la belle est dotée d’un physique à faire frémir n’importe quel pinceau masculin.

Une famille délicieusement bobo, père au foyer, mère psy gagnant bien sa vie, le beau-frère peintre habitant sur le même pallier d’un immeuble parisien un peu désuet, deux filles charmantes, l’ado chiante juste ce qu’il faut, un climat baigné de cinéphilie…

L’intrigue s’enroule, parfois percée de petits aperçus étrangers dans le temps et l’espace, parlant de passion douloureuse, de corps souffrant, de la beauté de la montagne. Une spirale rouge mêlé de fils gris… Puis un jour Sergi tombe sous le charme de photographies qui vont le pousser loin, jusque dans les montagnes refuges d’une photographe ermite, pour la rencontrer. C’est la jonction artistique parfaite, le coup de foudre mentale, la fusion des âmes éprises d’art.

C’est sans compter sans le destin qui joue de drôles de tours, et sans la folie de l’amante délaissée.

On retrouve dans ce roman-ci la subtilité de l’étude de caractères d’Olivier Bordaçarre dans Dernier Désir. La peinture des forces à l’œuvre au sein de l’univers le plus impitoyable de notre occident : la famille. L’écriture est souple, moderne la construction, mais sans fractale chichiteuse. C’est un beau roman qui parle d’amour, de haine, et de la volonté qu’il faut pour tenir, et faire tenir ensemble les morceaux des fratries et des couples. C’est un suspens habile, une montée en puissance sacrément inquiétante, et un aboutissement hautement romanesque.

Bordaçarre se trouve ici édité en « littérature », tout court. Pas polar, pas suspens, pas thriller pas… où de la démonstration que les qualités d’un roman n’ont pas besoin d’étiquettes.

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