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Derrière les Portes
B.A. Paris
traduite par Luc Rigoureau
Hugo Thriller 2017

Il n’aura pas échappé aux fidèles lecteurs de mes chroniques que je ne raffole pas des thrillers. Non pas tant que le genre lui-même ne me plaise pas. Je l’estime capable de fournir d’excellents moments de lectures. Non, c’est qu’il est trop souvent voué à la médiocrité de plumes laborieuses.
Ici, l’auteur, franco-anglaise, nous emmène dans un cauchemar au début de conte de fées. Jugez-en. Grace, mène à Londres une vie active, professionnellement chargée, et affectivement centrée autour de la tendresse qu’elle voue à sa jeune sœur trisomique. Un jour, bientôt, dans quelques mois, quand Millie aura dix-huit ans, elle devra quitter le pensionnat de son école spécialisée pour vivre avec sa sœur qui le lui a toujours promis.
Un peu compliqué d’avoir une vie amoureuse dans ces conditions. Le dernier amant en date a pris la poudre d’escampette lorsqu’il a compris que Grace ne fléchirait pas et accueillerait sa sœur chez elle. Millie est certes charmante, mais comme souvent, cette jeune handicapée ne possède pas les codes de la vie sociale. Intolérable en Grande-Bretagne.
Aussi lorsque se présente Jack, image de perfection et d’altruisme, Grace ne demande qu’à se laisser bercer par ses promesses d’une vie idyllique. Une très belle maison, un mari riche, des enfants heureux et sa sœur avec elle. Alors, elle accepte petit à petit de s’en remettre à son fiancé. Jusqu’à quitter son travail. Jusqu’à négliger ses anciens amis.
On soupçonne assez vite que l’homme idéal cache un pervers narcissique assez puant. Et puis, en lectrice avisée et en femme d’expérience, on sait bien que le prince Charmant n’est qu’une vue de l’esprit.
Mais Jack, pour notre plus grand plaisir, est bien pire que cela. C’est un véritable psychopathe extrêmement doué pour cacher son jeu. Et sa véritable cible n’est pas Grace, mais bien plutôt la pauvre, innocente et vulnérable Millie. Horreur !
Dans le genre douée pour cacher son jeu, B.A. Paris n’est pas mal non plus. Je ne pense pas, enfin je n’espère pas qu’elle soit aussi dangereuse que son héros masculin… Elle nous tisse dans les quatre-vingt premières pages une ambiance de calme avant la tempête, distillant savamment les indices de malaise. Puis quand la vérité se fait jour, elle y va carrément, jetant son personnage dans une situation effarante. Et elle vous force à vous interroger. Que feriez-vous dans la situation de Grace, certes hautement improbable mais quand même… Quelle issue a-t-elle négligé ? Quel secours n’a-t-elle pas su demander ?
Bien-sur, on n’imagine pas un seul instant que l’héroïne ne s’en tire pas ; mais le suspens est suffisamment bien monté pour que la question vous tienne ce qu’il faut en haleine.

Tag(s) : #critiques

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