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Bienvenue à Cotton’s Warwick
Mickaël Mention

Ombres noires 2016

Ah, mon dieu ! Qu’est-il arrivé à Mickaël Mention ? Qu’est-il arrivé à ce charmant personnage, commensal agréable, presque timide ? Il aura mal digéré son kangourou en boîte. Je ne vois que ça. Ou alors… Oui, c’est ça. C’est un sournois. Une vipère qui vous sourit pour mieux vous attaquer les talons. Et je mesure mes mots, pile-poil dans le contexte du roman, je vous assure. Car il sera en effet, tout à la fin, question d’un mur de serpents.
Reprenons dans l’ordre.
Au début du roman, avant de basculer dans une atmosphère de folie totale, non ça y est je m’égare…
Cotton’s Warwick. Au bout de la route, au plus profond de l’outback australien : vingt habitants dont une femme. Et beaucoup d’animaux, des sauvages et d’autres, bétail nourri de peu, de rien à présent que la pluie n’est pas tombée depuis des années. Quinn, le Ranger, y fait office tout à la fois de pasteur, de juge, de bourreau, le cas échéant, de chef en tout état de cause.
Pourquoi plus de femmes ? En peu de temps, en quelques mois, elles se sont toutes suicidées. Les hommes sont donc seuls. Bourrés de fantasmes devant l’unique femme qui sert au bar. Tout va mal, dès le début, entre misère totale, intellectuelle aussi bien que matérielle et canicule abominable, à vous dessécher jusqu’à l’âme. Et d’ailleurs, une âme, les derniers habitants de Cotton’s Warcick, allez savoir s’ils en ont jamais eue ? La sauvagerie, la cruauté sont leur état naturel. Les plus faibles en font les frais : l’idiot du village, femme, animaux.
Aussi, quand une première mort mystérieuse bientôt suivie d’une seconde va éveiller la panique, l’enfer va simplement se révéler. Mais pas n’importe lequel.
Mention nous embarque dans un maelstrom complètement fou, néanmoins cohérent. La cohérence des esprits simples qui accueillent la dinguerie du monde sans se poser de questions, jouant avec les couleurs fortes pour révéler leurs cauchemars. Est-on dans un asile ? un western infernal ? le fantasme d’un habitué des comics ?
Il y a de tout ça dans ce roman qui ne demande qu’à vous surprendre. Pour cela, posez vos défenses, laissez parler le gamin qui est en vous. Celui qui se cachait sous ses couvertures en jouant à se faire peur.
On peut pourtant faire une autre lecture de ce thème : si la nature se rebelle, n’est-ce pas que nous le méritons ? Plutôt qu’un mauvais rêve, n’est-ce pas la version chromo de ce qui nous attend en vrai et qui a commencé ?
Entre scénario catastrophe et riff électrique, voilà une lecture qui change agréablement, dans sa noirceur sanguinolente, des fades thrillers de têtes de gondoles.
Vous aimerez, ou vous détesterez, mais cela vous secouera les neurones !

Tag(s) : #critiques

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