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La Peine Capitale
Santiago Roncagliolo
traduit par François Gaudry
Métailié Noir 2016

Il existe, en littérature, des personnages à la fois charmants et irritants, comme dans la vraie vie. Il y faut pas mal de talent de la part de l’écrivain et, nul doute, Roncagliolo dispose de tout ce qu’il faut : plume agile pour les dialogues, pinceaux légers pour les décors, brosses douces pour les émotions des personnages.
Felix Chacaltana Saldivar, péruvien, exerce la profession d’archiviste dans les sous-sols du palais de justice de Lima. Le pauvre, d’une conscience professionnelle peu partagée et encore moins appréciée, est doté d’une mère autoritaire qui le traite encore, à trente ans, comme l’enfant qu’il a été. Elle lui impose sa morale rigoriste, et le culte d’un père que le pauvre Félix n’a guère aimé. La photo de l’ancien militaire trône dorénavant en majesté dans le salon, avec cierge et fleurs sur napperon de dentelles. La sortie du dimanche, c’est la messe. Dans ces conditions, Félix a bien du mal à se trouver une fiancée. Mais ce n’est pas le seul obstacle à son bonheur : le pauvre souffre d’un terrible handicap social. Jugez-en : nous voilà en pleine coupe du monde de football (celle de l978)… et il n’a qu’indifférence pour les matchs.
Dans la ville désertée par tout un peuple scotché à son écran, d’étranges personnages en enlèvent d’autres, et Félix, bienheureux comme le veut son nom, à moins que ce ne soit de l’inconscience, se trouve mêlé à l’opération Condor.
Un pan de l’histoire en action, ses répercussions dans la vie des simples quidams, dans une belle traduction.
Voilà un roman touchant, original par son implantation, un bon rappel historique aussi à la construction impeccable.
 

Tag(s) : #critiques

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