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... tout se transforme

Rien ne se perd
Cloé Meh
di
Jigal 2016

Saïd est mort à quinze ans sous les coups d’un flic ayant pété les plombs lors d’une manif en banlieue. Mattia, onze ans, a vu son père en devenir fou, sa mère l’abandonner, car l’événement trop affreux, et l’acquittement trop prévisible du policier meurtrier ont détruit ceux qui croyaient à la justice.

Belle écriture. Personnages intéressants, originaux, épais ce qu’il faut, voire même assez hors normes pour intégrer l’élite du bon polar. Fil narratif pas follement tendu, certes, mais qui se laisse suivre sans méandres inutiles. Dialogues bien sentis, narration délicate principalement menée par un enfant exceptionnel. Pourtant…
L’auteure est une jeune femme en phase avec son époque, pleine de sensibilité, sans doute aussi, de compassion, connaissant bien les banlieues, dont elle semble manifestement issue, et tout sonne juste.
Alors de nouveau, pourquoi ces restrictions ? Surtout que, attention, tout le monde en dit du bien. Mais pas forcément pour toutes les bonnes raison que je vous ai données au-dessus .
Il y avait longtemps que je n’avais pas rencontré un roman à thèse. Ici, une thèse simple (simplissime ?) qui explique tout : les flics sont méchants, sales, affreux, pourris, se tiennent les coudes, et sont prêts à tout pour se protéger les uns les autres.
Je ne dis pas que c’est faux. Les brutalités policières ont tristement illustré les manifestations tout au long de l’année que nous venons de passer. Je dis que ce n’est pas la seule vérité. Le manichéisme dessert à mes yeux le roman alors que Cloé Mehdi est dotée d’une belle plume toute en finesse. Le manichéisme dessert toujours l’idée qu’il prétend défendre.
Bref, à lire pour ses personnages et la petite musique, sans perdre de vue qu’il y a sans doute une autre réalité que celle racontée ici, un peu plus nuancée. Et non, je n’ai pas pris ma carte où l’on sait.

Tag(s) : #critiques

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