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Jusqu'au bout du monde, et au-delà ?

The End of the World Running Club
Adrian J Walke
r traduit par David Fauquemberg
Hugo Thriller 2016

OK, j’avoue. J’ai un gout que je ne renierai pas pour la littérature et les films post-apocalyptiques. Mais comme pour le reste, j’en attends de la chair. De l’épaisseur. Des émotions, des personnages, de l’action, mais toujours, l’équilibre subtil entre narration et écriture qui fait la différence entre médiocrité occupationnelle et littérature. Je tairai quelques titres entrant dans la première catégorie pour ne citer que The Road, dans la seconde. Livre indépassable de Cormac McCarthy, inoubliable Vigo Mortensen dans le film du même nom. Rare adéquation entre roman et film.
Ici, nous sommes devant un personnage falot. Ed n’est pas un très bon père, pas un très bon mari, tristement conscient que ses rêves de jeunesse n’ont accouché que de médiocrité. Et puis survient la catastrophe, dont on ne sait pas grand-chose. Une collision avec une pluie d’astéroïdes détruit une bonne partie de l’Europe, et en particulier ici de la Grande Bretagne.
Néanmoins, Ed va réussir à sauver sa famille dans un monde devenu brutalement effrayant, sauvage, dénué de règle et d’avenir. Cela a toutefois un prix. La séparation. Et cela ne le guérit pas de ses complexes.
Aussi lui faut-il trouver en lui des forces qu’il ignorait pour tenter de retrouver se femme et ses enfants avant qu’il ne soit trop tard. Courir. Courir au milieu des ruines, d’un paysage remodelé et dangereux, habité d’humains retournés à l’expression des besoins primaires.
Le roman a un bon rythme, celui d’un marathonien qui ne perd pas de vue le but ultime. Suspens bien mené, personnages évoluant intelligemment, et une réalité suffisamment crédible pour tenir en inquiétude.
Sans doute est-ce là le but ultime de cette littérature de genre. Faire peur et rassurer, mener à l’idée de fin et combattre la crainte de l’anéantissement.
La rédemption finale est intéressante et conserve, malgré tout, un petit peu d’espoir.
The Running Club est un roman bien mené dont les près de six cents pages donneront du plaisir aux amateurs du genre.

Tag(s) : #critiques

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