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Friandise exotique

Pères, Fils, Primates
Jon Bilba
o traduit par Marc Fernandez
Mirobole Editions 2016

Mirobole a choisi semble-t-il le créneau du bizarre, du hors normes, à tout le moins du sentier détourné. Après l’Agence Secrète, roman turco-martien d’Alper Canigüz, voici l’étrange (à tout le moins) histoire d’une tempête.
Car si la fiction est bâtie autour du destin calamiteux d’un ingénieur dont la réussite est très inférieure à ses attentes d’ancien élève brillant, l’ouragan est le catalyseur qui va le révéler à lui même.
Joanes, donc, n’a rien réussi à moitié aussi bien qu’il l’attendait. Les années passant, il a organisé sa dépression autour de l’image d’un responsable : un ancien professeur. Il est certain que l’homme lui a barré un brillant avenir en le déconsidérant aux yeux de l’entreprise dans laquelle il rêvait d’entrer à l’issue de ses études.
Au début du roman, Joanes est en vacances au Mexique avec sa famille, tous frais payés par le beau-père, peintre de renom, type obèse, envahissant, autoritaire. Pénible… alors que l’échec se creuse encore. Or, voici l’ouragan qui va séparer Joanes des siens, et remettre le prof d’autrefois sur son chemin. Au milieu de cette atmosphère de fin du monde, les rancunes vont évoluer, culminer en pic de haine et de désir irrépressible de vengeance.
C’est dans les turbulences météo qu’apparait alors un duo étrange homme-primate qui se transforme en instrument du destin.
Forcément, quand l’histoire commence avec la mort et l’enterrement d’un singe, se poursuivant avec un étrange défilé de visages mexicains éclairées à la torche, on sait qu’on est dans une dimension ni complètement farfelue, ni tout à fait réaliste.
L’écriture fonctionne de manière étrange. Si la narration est celle de Joanes, l’auteur procède à des sauts de puces dans le temps, en avant, en arrière, qui déstabilisent le lecteur, renforçant son trouble. Et son plaisir de lecture.
Ne vous refusez pas cette curiosité, cette friandise exotique.

Tag(s) : #critiques

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