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Le feu à Copenhague

Troubles
Jesper Ste
in traduit par Jean Renaud
Piranha editions – Black Piranha 2016

Attention roman Danois. Mais pas Nordique. Pas au sens que cette appellation a prise cette dernière décennie avec la vogue Indridason et autre Larsson. C’est en effet un roman qui a su échapper à la malédiction du rythme lllleeeent inhérent au genre cité, faisant entre autre la part belle aux déplacements détaillés citant des rues et des quartiers aux noms imprononçables. Soyons justes : Millenium pourrait perdre deux cents pages et gagner au change…
Dans Troubles, on est à Copenhague en 2007. Vous avez une image de cette ville : tranquille et dévolue aux cyclistes. Pour ce qui est des cyclistes, vous ne vous trompez pas et le héros, flic en délicatesse avec sa hiérarchie, saute régulièrement sur son vélo (sans sirène, donc) pour se rendre d’un point à un autre de la ville alors que des émeutes allument des brasiers de voitures, que des vitrines sont brisées, que les jeunes et les casseurs envahissent les quartiers habituellement tranquilles. Un air de manif française…
La jeunesse danoise n’aime pas la police, la presse danoise n’aime pas la police, bref, les flics ne sont pas plus aimés au Danemark qu’ailleurs. Axel Steen, est une figure classique du genre, fâché avec ses chefs, fumeur de H, mais avec quelques particularités : narcolepsie, rêves érotiques, priapisme plus ou moins invétéré avec une bonne capacité à se tromper de partenaire, père calamiteux qui laisse sa fillette ouvrir les tiroirs de la morgue.

Alors, ce corps retrouvé dans un cimetière qui, à l’image du Père Lachaise, sert de lieu de promenade pour les habitants de Copenhague, est-il celui d’un activiste ou pas ? La police l’a-t-elle tué ou pas ? La presse doit-elle, ou pas, cultiver les fuites pour en savoir davantage sur cette éventuelle bavure ?

Basé sur des faits réels, la Copenhague que révèle ce roman est loin de l’image d’Epinal d’une ville paisible.
Piranha poursuit son exploration des littératures étrangères de l’Est de l’Europe, et qu’elle en soit remerciée. À leur façon, originale, les romans édités depuis deux ans donnent une image plus vraie que les grands succès dont on est abreuvés… Une écriture simple, dénuée d’effets de manche, une documentation solide, des thèmes originaux, c’est à découvrir.

Tag(s) : #critiques

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