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Regards croisés

Suburra
C. Bonini et G. de Cataldo traduits par Serge Quadruppani
Métailié noir 2016

Rome, ville éternelle, possède néanmoins un quartier pauvre, dont la réputation sulfureuse lui vaut d’être fui par les bons citoyens. C’est Suburra, dénigré dès l’antiquité.
Rome, capitale, c’est cependant la mafia, les mafias quand on y ajoute l’église qui, en ce cas précis, fonctionne pour plus de pouvoir, plus d’argent et même… plus de sexe. Car c’est bien de cette éternelle trilogie dont il s’agit.
L’argent et le pouvoir s’étreignent dans d’obscènes postures depuis la naissance de l’humanité. Ici, les différentes factions de la mafia, du pouvoir corrompu (pléonasme italien) voudraient s’entendre pour faire encore plus d’argent. Un projet immobilier immense, insensé, est porté par ces hommes (et femmes) cupides. Il leur suffit de tendre la main pour s’enrichir davantage. Mais les projets les mieux préparés peuvent dérailler quand la bêtise, la concupiscence, l’avidité s’en mêlent. Et alors, c’est la guerre entre ces hommes sans scrupules ni paroles, violents, dans une escalade constante.
Face à ce monde puissant, presque omnipotent, un petit juge, une « robe rouge », un flic peu soucieux de son avancement, et une blogueuse altermondialistes.
Trois individus, face à la pieuvre… Ont-ils la moindre chance ? Trois individus, cela fait quand même un gros grain de sable, et la mécanique bien huilée s’enraye, non sans soubresauts violents.
Une fois de plus, on peut se féliciter d’avoir des spécialistes capables de prendre la plume pour faire entrer une certaine vérité, travestie en fiction, dans les cervelles gavées et indifférentes de leurs contemporains. Bonini, journaliste d’investigation, de Cataldo, magistrat, n’ignorent rien des milieux racontés ici.
Un autre spécialiste, orfèvre en sa matière, c’est Quadruppani, dont la traduction relève de l’œuvre d’art. La langue change, vire, s’adapte, un caléidoscope sur la soie noire de la nuit romaine.

Regards croisés

On peut retrouver une incarnation cinématographique de ce roman : en cliquant sur ce lien ci, on peut même en consulter la bande annonce.
Ne l’ayant pas visionné, je ne sais ce que vaut le film. Pour avoir lu le roman, je peux assurer qu’il offre l’équilibre des points de vue, l’efficacité de la narration, que sa portée informative est diablement sublimée par une traduction hors normes. Un roman de très grande qualité.

Tag(s) : #critiques

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