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Soeurs... pour toujours

Pretty Girls
Karin Slaught
er
Mosaïc éditions 2016

Sœur un jour, sœur toujours. La vie a séparé deux femmes. Claire, belle, mince et manucurée, est devenue l’épouse d’un riche architecte qui l’a installée dans une maison immense d’un design froid, blancheur sans âme et alu brossé. L’idée de confort y est exclue, primauté est donnée à l’apparence. L’autre, Lydia, vit dans un pavillon de banlieue, s’efforce de résister aux difficultés financières et à l’obésité qui guette, élevant une ado difficile (pléonasme) et de tenir hors de l’eau sa relation avec son ami garagiste.
Vingt ans ont passé depuis que la vie de ces deux sœurs, et de leur famille entière, a explosé, conduisant les parents au divorce, le père au suicide, les deux jeunes filles à la brouille. Un jour, Julia, leur aînée, n’est pas rentrée et nulle trace d’elle n’a jamais fait surface.
Le meurtre de l’architecte va les rapprocher alors que radio et télé matraquent à propos de la disparition d’une jeune fille présentant toutes les caractéristiques de Julia autrefois.

Alors, soit, il s’agit encore… d’un serial killer super intelligent, organisé, de snuff movies, de méchants qui se cache sous les traits de gentils… mais c’est écrit avec une sensibilité touchante. Le chagrin de Claire qui, outre son deuil, découvre que son mari n’était pas celui qu’elle croyait connaitre : chacun(e) peut s’identifier. Lydia qui déteste les Mères (riches, belles, cancanières) n’ayant pas de problème de poids, idem… On ne peut que se sentir touchée par les retrouvailles ardues de ces deux sœurs en mal de l’insouciance de leur enfance. Comment elles retrouvent les racines de l’affection née alors et qu’elles regrettent chacune à sa manière, comment elles ont vécu leur deuil, chacune de son côté… Karin Slaughter dépeint ces personnages de femmes avec une grande finesse. Dommage que les méchants soient plus monolithique.
Un thriller efficace avec néanmoins quelque chose de touchant, de l'ordre de la fragilité des sentiments.

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