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Le coeur lourd

Hier samedi 5 mars, près de Toulouse, Jan Thirion a été mis en terre.
Jan était un homme unique : atteint d’une grave maladie dès l’enfance, il a mené une vie pleine que beaucoup pourraient lui envier. Il avait près de lui une femme fantastique que l’adversité n’a jamais fait fléchir.
Le grand talent de Jan Thirion mariait un regard acéré sur les défauts de ses contemporains tempéré de beaucoup de tendresse pour leurs faiblesses. En quelques mots teintés d’humour sombre, il vous campait toute une vie.
J’ai lu, édité, corrigé, publié ses écrits. Il y avait si peu à jeter… Cet écrivain là m’a infiniment appris. Romans, novella, nouvelles, portraits… De « ma vie des autres » rubrique pleine de drôlerie décalée sur l’excellent site K-libre, à son prochain roman jeunesse qui sort dans quelques semaines, aux éditions Lajouanie, Jan a occupé tous les secteurs littéraires.
Il savait chacun de ses jours une chance à saisir d’urgence. Il vivait, écrivait, l’épée de sa fin au creux des reins. J’ai souvent partagé son impatience de voir ses textes languir chez des éditeurs frileux. TME, Quadrature, L’Ecailler, In8… furent ses éditeurs. J-C Lajouanie avait su depuis peu repérer son talent. Mais c’est chez Krakoen d’abord et surtout chez Ska qu’il a donné la mesure de ses innombrables qualités d’écriture.
Et puis, au-delà de son talent unique pas assez reconnu alors que tant de médiocrités occupent les premiers rangs dans les librairies, c’est un ami que nous perdons. Un ami de la bandaka, un Krakoen historique, un homme affable, plein d’humour et de courage discret. Jan fréquentait peu les salons. Sa santé ne lui permettait guère, mais ceux qui l’ont rencontré savent quel homme agréable il était.
L’homme est parti, juste après une dernière parution chez Ska, des textes encore à venir ailleurs. Il nous laisse une œuvre.

Je lui dis au revoir, le cœur lourd.

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