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J'en pince pour ce Crabb

Meurtres à Willow Pond
Ned Cr
abb traduit par Laurent Bury
Gallmeister 2016


Comme je n’avais pas lu La Bouffe est Chouette à Fatchakulla, je ne savais pas à quoi m’attendre et Crabb a bien manqué m’avoir par surprise. Chez cet éditeur, sous cette couverture si élégante, évocatrice de la nature, un roman qui commence par une phrase interminable évoquant les ébats caféinés d’un couple de sexagénaire au petit matin, au bord d’un lac… Puis tout ça, déjà foutraque commence sérieusement à se déglinguer avec des personnages tous plus fourbes les uns que les autres, sauf peut être les deux du début, et la malheureuse victime, femme tonitruante très peu douée pour la délicatesse, la compassion, la patience… dont on s’étonne peu qu’elle ne survive finalement pas. Je spoile à peine : dès la quatrième son sort est scellé : prévenir qu’on déshérite la moitié de sa famille et la réunir pour lui annoncer, cela présente quand même un taux de risque non négligeable !
Or donc, personne ne trouve grâce aux yeux de Crabb : alcoolo, nympho, crétins, voleur, tueurs, lâches… voire cumulant plusieurs de ses caractéristiques, il n’y a pas un personnage pour racheter l’autre du côté des suspects. Une magnifique galerie de faux jetons. Il y a heureusement les flics, les bons, pour racheter cet assemblage hétéroclite de sangsues assoiffées de fric. Car les flic sont les gentils. Dotés de qualités humaines à défauts d’être toujours très malins…
La situation météorologique ressemble à l’ambiance. Un méga orage gronde. Son explosion va coïncider avec celle de la violence. Et à partir de là, les faux semblants se révèlent et les victimes s’accumulent.
Il y a du Dix Petits Nègres dans la régularité avec laquelle les convives sont retrouvés occis. Ne vous attachez à aucun d’eux, vous seriez forcément désappointés.
Crabb raconte la pêche, l’eau des lacs, le murmure des arbres, comme pour contrebalancer la mesquinerie humaine.
Avec un humour impitoyable, le moindre défaut relevé, la moindre erreur soulignée, il ne fait guère de cadeau à ses personnages. Pour notre plus grand plaisir.
C’est un roman qui ne se prend pas au sérieux avec un serial killer génial ou des techniques forensiques à tomber. Mais la pêche d’un brochet hors norme magnifie ces pages par ailleurs bien plaisantes.

Tag(s) : #critiques

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