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Je vous le jure !

L’Île du Serment
Peter M
ay traduit par Jean-René Dastugue
Rouergue Noir 2014

Les îles Madeleine. Dans la baie du St-Laurent, cet archipel compte moins d’une dizaine d’îles dont certaines ne sont que des bancs de sable, d’autres des cailloux de grés jetés dans la mer, la grisaille, le froid, le vent.
Un entrepreneur qui a su faire fortune dans le commerce du homard meurt poignardé une nuit dans sa somptueuse et rébarbative maison d’architecte. Sa femme, Kirsty, trouvée couverte de sang, fait vite figure de suspecte. Ses omissions, mensonges et hésitations en font très vite la figure centrale de l’enquête.
Sime Mackenzie est flic, anglophone, affecté pour cette raison à une équipe de policiers francophones parmi lesquels figure sa future ex-femme. Autant dire que sa situation n’y est pas facile, d’autant que taraudé par son passé et sa dépression, Sime est totalement insomniaque.
Son épuisement, la douleur de sa solitude l’amènent-ils à mêler réalité et fiction, présent et lointains souvenirs ?
Dans des vieux cahiers conservés dans sa famille, Sime retrouve la racine des rêves étranges qui l’attachent à cette île d’Entrée, à son étrange certitude d’avoir déjà rencontré Kirsty.

Pas de fantastique ou de vie dans le passé malgré l’argument de la fiction, pas de réincarnation ou de double niveau de vie. C’est plus malin, plus subtil et infiniment crédible.
La narration se déroule sur deux plans chronologiques, avec Sime comme médium involontaire de cette rencontre. Médium, au sens de moyen. La résolution de l’enquête importe finalement beaucoup moins au policier très troublé que la résolution d’une très ancienne histoire.
La partie historique du roman est passionnante, tout comme l’est la partie actuelle, pour des raisons différentes.
C’est un beau roman, qui parle à merveille des âmes et des éléments, qui fait découvrir les effets encore présents de la domination anglaise sur la colonisation de l’Amérique du Nord, et les conditions parfois effroyables de celle-ci.
Une froide et belle lecture qui méritait bien le Trophée 813 du meilleur roman étranger 2014.

Tag(s) : #critiques

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