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Deux romans sinon rien !

Une chronique commune pour deux romans qui m’ont redonné le goût enfantin de la castagne rigolarde. Pleins de coups qui font mouche mais dans lesquels les dégoulinures de sang ont des relents de ketchup. Des romans qui assurent la continuité de la mauvaise réputation du genre, à élever au rang de patrimoine !

Cassandra
Todd Robin
son traduit par Laurent Bury
Gallmeister, collection Néonoir 2015

Boo et Junior sont deux potes dont l’amitié indéfectible est née à l’orphelinat qui les a vu grandir dans la violence et le manque d’affection. Videurs de boîtes, patrons d’une agence de sécurité d’établissements de nuit, ils ne sont pas habitués à jouer les privés. Mais un gros chèque, c’est difficile à refuser. C’est pourquoi ils vont se retrouver embarqués dans une histoire dont il aurait mieux valu qu’ils se tiennent loin, très loin…
Humour parfois un peu lourdingue, très potache, bluette avec la cliente, privé au grand cœur… tout l’arsenal y est avec à la fois fraîcheur et vigueur.
Les transitions entre chapitres, bien amenées, vous conduiront avec un plaisir un peu gamin jusqu’au bout du roman.

Deux romans sinon rien !

Personne ne court plus vite qu’une balle
Michel Emba
rek
Archipel 2015

Qui a déjà lu Embarek retrouvera avec plaisir ses héros récurrents : Victor Boudreaux, sa femme Jeanne, ses potes Earl le louisianais et Edgard le commissaire français.
À la recherche des raisons qui ont pu amener un chanteur connu à se suicider, Boudreaux et Earl retournent au Vietnam, pour la première fois depuis leur démobilisation, quarante ans après la défaite américaine. Victor y fait le constat amer qu’Asiatiques comme Américains sont morts pour rien. Enfin, si, pour laisser la loi du marché étendre son manteau de billets sur les rues de Hanoï et Saïgon.

Ça castagne avec vigueur, verdeur et sans complexe. Ça mandale, mornifle, upercutte et défouraille, sans état d’âme ni hésitation. Mais tout cela est emballé dans un tissu de considérations désabusées, tissées avec humour, et l’on se demande à la fin ce que ce diable de Victor va encore bien pouvoir inventer. C’est qu’à force de désillusions, on en arrive à se demander s’il trouvera l’énergie d’autres aventures.
De la mélancolie, une épaisseur humaine certaine, les personnages d’Embarek sont en train de vieillir, et la nostalgie donne une saveur particulière à ce roman. Sera-t-il le dernier avec ces personnages ?

Tag(s) : #critiques

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