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Froid comme un glacier

Opération Napoléon
Arnaldur Indridas
on
Métailié Noir 2015


Voici un roman où il n’est pas question d’Erlendur, le héros récurrent d’Indridason mais bel et bien de glaciers et de tempêtes d’hiver où l’on se perd, thème permanent de ses romans.
Kristin, jeune avocate islandaise, materne son frère adulte comme lorsqu’ils étaient enfants. Elle l’a quasiment élevé et se sent à jamais responsable de lui. Le jeune Andréas est un peu casse-cou. Lors d’un entrainement comme sauveteur sur un glacier (nom impossible tant à lire qu’à écrire pour un français moyen) Andreas, tout fier de son nouveau téléphone, appelle sa sœur et lui raconte une histoire étrange, où il est question de soldats armés, juste avant de disparaitre et d’être retrouvé moribond au fond d’une crevasse. Quelques heures après cet appel, Kristin reçoit la visite de « témoins de Jéhovah ». Vêtements passe partout, coupe de cheveux réglementaires, les flingues avec lesquels ils tentent de la tuer n’ont cependant rien de bibliques…

On voit assez rapidement vers quel type d’interrogation se dirige ce roman qui raconte l’étrange et absurde histoire d’un avion crashé en 1944 sur un glacier Islandais en pleine tourmente hivernale, Junker allemand couvert d’une peintre de camouflage américaine, transportant des gradés des deux nations. Fiction, certes, mais qui devient assez vite envisageable devant les pièces à conviction fournies par l’auteur.
Je vais faire ici un aveu : je n’aime pas les romans d’espionnage. Il n’y est en général question que de l’histoire avec un grand « H » quand seule m’intéresse celle des gens, à laquelle en général on n’accorde qu’un petit « h ».
« Opération Napoléon » est, avant d’être un roman d’espionnage, juste un bon roman. Il sait en effet garder toute la dimension humaine d’une aventure qui évoque cependant de grands pans du passé de la Seconde Guerre mondiale.
Indridason s’est ici emparé de ce que chacun de nous croit vérité établie. Sans paranoïa ni culture du complot, on se laisse rapidement convaincre de l’aspect plausible de son intrigue. Et si c’est inventé, ma foi, c’est suffisamment bien ficelé pour qu’on puisse y croire, au moins le temps de la lecture. Il a mis dans ce roman le même talent à évoquer le crépusculaire état d’âme des Islandais confinés dans l’hiver, et a glissé ce qu’il fait le mieux : la description du froid et des tempêtes.
Dans un genre « normalement » différent, Indridason jouant avec les étiquettes raconte, et bien, la même histoire : solitude et fraternité, abandon et recherche, solitude et partage.

Tag(s) : #critiques

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